Résumés
Résumé
Cet article se propose de traiter de la construction filmique du handicap afin d’appréhender le processus de rationalisation par lequel le cinéma offre aux spectateurs des figures conventionnelles intelligibles en dépit des contextes socioculturels de réception. Ces figures conventionnelles, loin de reposer sur une banale transposition du traitement social du handicap de la vie à l’écran, sont le produit de différents facteurs concomitants qui visent à construire une ressource narrative universelle et compréhensible à partir de référents communs – eux-mêmes véhiculés en partie par le monde du cinéma. Ce faisant, l’usage du handicap au cinéma définit une figure de l’infirmité spectaculaire typiquement visuelle, et qui invite du même coup le spectateur à porter un regard qui l’aide à percevoir le sens général du récit. Sans pour autant affirmer la réussite constante de ce « pari » transculturel, il est tout de même possible de retracer sur une échelle socio-historique à trois temps les différents types de perception du handicap, tels qu’ils sont conventionnellement induits par le cinéma.
Abstract
This article deals with the way disability is illustrated in film. Our aim is to better understand how cinema presents conventional figures of disability, making them intelligible regardless of socio-cultural contexts of reception. These conventional patterns are built from various common factors and references leading to a universal and global narrative system of understanding – these references being, to a certain extent, highlighted by the films themselves. Disability in film is always coded. As a consequence, the pre-defined disability gives the audience all the elements necessary to grasp the story. This trans-cultural goal might not always be achieved. Nevertheless, one can easily identify on a socio-historical scale the three ways disability is perceived and represented in films.