FR:
Résumé : Cet article analyse, à partir d’une perspective « postlingue », deux textes publiés en Acadie ces dernières années qui remettent en question le régime monolingue, normatif de la traduction, soit la traduction Océan, signée par Georgette LeBlanc (2019), et le recueil de poésie Entre Rive and Shore, de Dominique Bernier-Cormier (2023). Une lecture postlingue de ces deux textes nous amène à redéfinir l’écriture et la traduction au-delà de l’idée de langue et à y accueillir, plutôt, l’hétérogénéité constitutive du langage. En refusant de s’adresser aux lecteur·rices par le biais d’une langue nationale soi-disant commune et transparente, LeBlanc et Bernier-Cormier montrent qu’il existe d’autres socles que « la » langue sur lesquels fonder nos rapports les uns avec les autres et que l’incommensurabilité, plutôt que d’être un obstacle à la relation, peut en être le fondement même.
EN:
Abstract: This article analyzes, from a “postlingual” perspective, two texts published in Acadie in recent years that challenge the monolingual, normative regime of translation: Georgette LeBlanc’s translation Océan (2019), and Dominique Bernier-Cormier’s poetry collection Entre Rive and Shore (2023). A postlingual reading of these texts leads us to redefine writing and translation beyond unitary languages, welcoming instead the constitutive heterogeneity of linguistic practices. By refusing to address their readers through a supposedly common and transparent national language, LeBlanc and Bernier-Cormier show that there are bases other than “languages” for relating to one another, and that incommensurability, rather than being an obstacle to relationality, can be its very foundation.