Recensions

Jean-Pierre Jossua, La passion de l’infini. Littérature et théologie. Nouvelles recherches. Paris, Les Éditions du Cerf (coll. « Théologies »), 2011, 519 p.[Notice]

  • François Nault

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  • François Nault
    Université Laval, Québec

Dans La passion de l’infini, Jean-Pierre Jossua poursuit une entreprise de « théologie littéraire » qui a déjà donné beaucoup de fruits. Qu’il suffise de penser à l’ouvrage monumental Pour une histoire religieuse de l’expérience littéraire (publié en quatre volumes, de 1985 à 1998) ou encore aux bulletins critiques que l’auteur signe dans la Revue des sciences philosophiques et théologiques depuis plusieurs années. Jean-Pierre Jossua a eu la bonne idée d’introduire son ouvrage par une courte mais éclairante présentation de son projet de « théologie littéraire ». Évoquant le contexte de « crise de la théologie » au point de départ de ce projet, il en présente les deux versants constitutifs d’une « théologie littéraire » : d’une part, la « poursuite de la recherche théologique par le moyen […] d’une écriture littéraire de l’expérience et de la réflexion chrétiennes » (p. 8) ; d’autre part, « une fréquentation assidue de la littérature » (p. 9). Relatant les problèmes, les difficultés et les questions que soulève nécessairement le projet d’une « théologie littéraire », Jossua reconnaît que son approche a évolué au cours des années : « […] j’en suis venu, écrit-il, à rendre compte davantage de ma démarche en termes de présence juste, ajustée, dans les cultures contemporaines, par opposition à la perspective de pouvoir, de savoir, de surplomb […] qui a été et reste assez largement celle des autorités et des milieux ecclésiastiques. Présence juste : accepter loyalement le pluralisme, participer à un débat ouvert et à une recherche commune » (p. 11).