Les ressources anthropologiques dans les cyberunivers : un aperçu[Notice]

  • Florence Dupré,
  • Rachel Walliser et
  • Joseph J. Lévy

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  • Florence Dupré
    Mondes et dynamiques des sociétés, UMR 5264 CNRS, Centre interuniversitaire d'études et de recherches autochtones (CIÉRA), Université Laval, Pavillon Charles-De Koninck, 1030, avenue des Sciences-Humaines, Québec (Québec), G1V 0A6, Canada
    florence.dupre@ciera.ulaval.ca

  • Rachel Walliser
    Département de sexologie, Faculté des sciences humaines, Université du Québec à Montréal, Case postale 8888, succ. Centre-ville, Montréal (Québec), H3C 3P8, Canada
    walliser.rachel@courrier.uqam.ca

  • Joseph J. Lévy
    Département de sexologie, Faculté des sciences humaines, Université du Québec à Montréal, Case postale 8888, succ. Centre-ville, Montréal (Québec), H3C 3P8, Canada
    levy.joseph_josy@uqam.ca

En 1996, au cours des premières vagues de développement des réseaux Internet au sein des institutions universitaires et de leur utilisation encore timide par les anthropologues, Schwimmer (1996) notait la faible présence et le peu de diffusion des ressources anthropologiques sur le web. Au terme d’un recensement minutieux longtemps resté l’unique référence en la matière, il défendait l’hypothèse selon laquelle chercheurs et institutions semblaient peu enclins à développer la pratique des réseaux Internet dans la diffusion des savoirs et des savoir-faire anthropologiques. Il écrivait alors : La question de la diffusion électronique des savoirs anthropologiques, bien que peu médiatisée par les débats disciplinaires contemporains, n’est donc pas nouvelle. Alors que l’anthropologie des cyberespaces tendait à se développer sous l’impulsion de différentes écoles (voir les articles dans ce numéro), dans les premières années du XXIe siècle la question a été soulevée selon une perspective nettement pédagogique. Fagan (2000) défendait ainsi l’importance d’Internet dans un enseignement de l’archéologie caractérisé par un nombre d’étudiants en augmentation et les difficultés à recourir aux méthodes d’enseignement privilégiant le contact direct avec les artefacts. Il déplorait aussi la sous-théorisation des processus pédagogiques concernés. C’est presque simultanément que Trias i Valls (2000) proposait de mettre en place le premier diplôme en ligne d’anthropologie au sein duquel elle soulignait l’importance du matériel ethnographique audiovisuel dans le processus de transmission des savoirs ; elle y consacre actuellement une section de son site Shared and Open Anthropology : Visualising Anthropology Online (http://www.anthropology-projects.co.uk/). Durant la même période, le numéro de la revue Anthropology in Action dirigé par Pink, Kurti et Alfonso (2002) était consacré à la question de la pédagogie anthropologique virtuelle et visuelle en Europe. Dans ce numéro, Ardevol argumentait en faveur de l’enseignement en ligne de la discipline au regard de son expérience d’enseignant à distance à l’Open University of Catalonia (Ardevol 2002). Davis (2003), directeur exécutif de l’American Anthropological Association (AAA) présentait un projet visant à mettre en ligne résultats de recherches et ressources pédagogiques sur le site de l’association. Depuis le constat de Schwimmer, la donne a donc grandement évolué pour atteindre, à l’aube de l’année 2011, un état de fait inversé – mais tout aussi complexe – caractérisé par la mise en réseaux contemporaine des connaissances : celui de la surabondance et de l’inégalité des ressources dans le contexte à la fois académique et populaire de la multiplication des données anthropologiques sur la Toile. Nous tentons ici d’en cerner les principales dimensions. Au cours de la dernière décennie, l’évolution du nombre de ressources anthropologiques disponibles en ligne n’a eu de cesse que de répondre à celle de la mise en réseau toujours plus rapide des informations. Mis en abîme par le développement des programmes d’enseignement à distance développés par les départements d’anthropologie de nombre d’institutions universitaires, l’univers Internet devient ainsi une plate-forme de visibilité, d’interactivité et de transmission des savoirs, à l’heure même de son entrée comme objet-sujet de la discipline. Prolongeant le premier état des lieux de 1996 sur la nature et la quantité des ressources anthropologiques disponibles sur le web, cet article propose de discuter leur développement, leur qualité et leur portée scientifique. Il sera surtout l’occasion d’interroger les dynamiques épistémologiques à l’oeuvre dans les processus de transmission des savoirs anthropologiques sur Internet. Le recensement présenté dans cet article fait suite à une enquête réalisée de février à mars 2010 sur les réseaux Internet, organisée en trois étapes : tout d’abord, une recherche sur le moteur de recherche Google à l’aide de mots-clés et de combinaisons de mots-clés, en français, en anglais et en espagnol. Les combinaisons ont associé chaque fois …

Parties annexes