Résumés
Résumé
Cette étude à quatre mains porte sur l’attitude complexe de Jacques Ferron (1921-1985) à l’égard de Louis Hémon, ainsi que sur sa lecture originale et fort personnelle de l’oeuvre de ce dernier. Fasciné autant par la vie de Hémon que par son oeuvre, éprouvant pour l’homme une profonde affinité, Ferron s’est montré particulièrement sensible à ce qu’il considérait comme la dimension autobiographique de la fiction de l’auteur breton. C’est sur cette association biographique que nous concentrons notre regard, identifiant, dans un premier temps, les éléments qui auraient amené Ferron à se voir dans l’autre écrivain, traçant ensuite, à travers sa correspondance personnelle et ses écrits publics, l’évolution de sa « passion » pour Hémon. Notre réflexion se complète d’une étude de la riche intertextualité hémonienne lisible dans Les roses sauvages (1971), roman où la critique littéraire se mêle à la fiction, et où le projet autobiographique de Ferron se nourrit de sa lecture de la vie et de l’oeuvre de Hémon. Notre étude vise à faire mieux connaître cette instance peu étudiée de la réception de Hémon au Québec. Elle offre en même temps de nouvelles pistes d’interprétation de l’oeuvre de chacun des deux auteurs.
Abstract
This joint study examines Jacques Ferron’s (1921-1985) complex attitude towards Louis Hémon and his original and highly personal reading of the latter’s work. Fascinated by Hemon’s biography as much as by his work, and feeling a profound affinity with the man, Ferron was particularly alert to what he considered the autobiographical dimension of the Breton writer’s fiction. We chose to focus on this biographical association, first identifying the elements that led Ferron to see himself in the other writer, then tracing, through his private correspondence and public writings, the development of his “passion” for Hémon. Our discussion concludes with a close study of the complex Hémonian intertextuality running through Ferron’s novel Les roses sauvages, a work where literary criticism is woven into the fiction and where Ferron’s own autobiographical project is enriched by his reading of Hémon’s life and work. The aim is to highlight this important and little studied instance of Hémon’s reception in Quebec and suggest new avenues for interpreting the work of both Ferron and Hémon.