Résumés
Résumé
La nature mouvante des manuscrits philosophiques clandestins rend l’étude des textes aussi difficile que passionnante. L’analyse des différentes copies d’un même texte révèle des variantes significatives qui ne sont pas seulement le fait des erreurs de la part des copistes, mais de l’intervention des lecteurs philosophes, prêts à réécrire les manuscrits qu’ils lisent et qui peuvent, de ce fait, changer de manière plus ou moins sensible l’orientation philosophique du texte source, voire donner naissance à un nouveau traité. Cet article se propose d’analyser ce phénomène à travers l’exemple paradigmatique d’une série de manuscrits (La religion chrétienne analysée, les Notes, les Preuves et La foi anéantie) qui illustrent également la radicalisation de la critique philosophique dans la deuxième moitié du xviiie siècle.
Abstract
The shifting nature of the clandestine philosophical manuscripts makes the study of the texts as difficult as it is exciting. The analysis of various copies of a same text reveals significant variations stemming not only from errors by the copyists, but from the intervention of philosopher-readers who were prepared to rewrite the manuscripts they were reading and who could, as a result, change the philosophic orientation of a source text to a greater or lesser extent, even going so far as to create a new treatise in the process. This article aims to analyze this phenomenon using the paradigmatic example of a series of manuscripts (La religion chrétienne analysée [The Christian religion analyzed], the Notes, the Preuves [Proofs] and La foi anéantie [The faith destroyed]) that also illustrate the radicalization of philosophical criticism in the second half of the eighteenth century.