
Numéro hors-série, mars 2015 L’État de droit en Amérique latine et au Canada Sous la direction de Sébastien Grammond, Pierre Gilles Bélanger, Nelson Arturo Ovalle Díaz et Jaime Alberto Sandoval Mesa
Sommaire (16 articles)
Introduction
Études
État de droit et politique criminelle
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POLÍTICA CRIMINAL Y DERECHOS HUMANOS EN CHILE: NOTAS Y DESAFÍOS ACTUALES
Luis Torres González
p. 15–28
RésuméES :
El presente trabajo tiene por objeto describir los aspectos más relevantes de la actual política criminal chilena desde una perspectiva de derechos humanos. Hoy en día, las decisiones políticas del último tiempo en el ámbito del sistema penal son seriamente cuestionadas. Las mayores críticas y reparos se encuentran en las exigencias provenientes de los compromisos suscritos por el Estado en materia de derechos consagrados en el Derecho Internacional de los Derechos Humanos. Los derechos de las personas privadas de libertad y la aplicación selectiva de la legislación antiterrorista constituyen actualmente los principales casos de contravención.
FR :
Cet article a pour objectif de décrire les aspects les plus pertinents de la politique pénale chilienne en vigueur, s’appuyant sur une approche des droits de l’homme. Actuellement, les décisions politiques de ces dernières années dans le domaine de la justice pénale sont sérieusement remises en question. Les principales critiques et oppositions sont dues aux engagements pris par l’État en matière de droit international des droits de l’homme. Les droits des personnes privées de liberté et l’application sélective de la loi anti-terroriste constituent les principaux cas de violation.
EN :
This paper aims at describing the most relevant aspects of the current Chilean criminal policy from a human rights perspective. Today, the political decisions of the last time in the criminal justice field are seriously questioned. The major criticisms and objections are based on the commitments made by the State to the rights enshrined in the International Law of Human Rights. The rights of detainees and selective antiterrorism legislation currently constitute the main cases of violation.
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UNE RÉFORME PÉNALE EN AMÉRIQUE LATINE QUI DEVRAIT CHERCHER SA LÉGITIMITÉ
Pierre Gilles Bélanger
p. 29–55
RésuméFR :
La plus grande cause de vulnérabilité des démocraties latino-américaines nous disait Rouquié (Amérique latine : Introduction à l’Extrême-Occident) n’est ni « la résurgence du populisme », les maras, les guérillas, « l’offensive criminelle et corruptrice du narco trafic », « l’afflux de dollars mal acquis », ni même « l’inconséquence de certains hommes politiques », mais la pauvreté et l’aggravation des inégalités sociales qui constituent le principal défi à la stabilité des institutions et à l’État de droit. (Alain Rouquié, Amérique latine : Introduction à l’Extrême-Occident, Paris, Seuil, 1987 aux pp 329-330). C’est justement dans ce contexte de re-démocratisation de l’Amérique latine que nous nous sommes attardés à regarder si les réformes juridiques, plus précisément celles pénales généralisées dans toute l’Amérique latine ou presque, ont su apporter avec elles un aspect de développement ou de liberté pour son citoyen. Il nous semblait opportun d’approfondir ce contexte particulièrement à un moment où presque toute l’Amérique latine se lance dans des réformes juridiques importantes mettant devant plusieurs maux le « droit » comme solution aux problèmes laissés par le passé. Nous avons donc proposé de voir si depuis la mise en oeuvre de la plus grande réforme juridique, depuis la mise en place des codes civils au 18e siècle, si l’Amérique latine a su mettre le citoyen au centre de l’équation droit et développement.
EN :
The most important cause of vulnerability of Latin-American democracies, according to Rouquié (Latin America: Introduction to the Far West), is not “the resurgence of populism”, the maras, the guerrillas, “the drug traffickers' criminal and corrupt offensive”, “the flow of ill-gotten gains”, nor “the inconsequence of some political leaders”, but rather poverty and the increase of social inequalities, which constitute the main challenge to the stability of institutions and the rule of law (Alain Rouquié, Latin America: Introduction to the Far West, Paris, Seuil, 1987 at 329-330). It is within this context of re-democratization of Latin America that we have analysed whether the legal reforms, especially the criminal ones that are practically generalised throughout the entire region, have brought upon an aspect of development or liberty to the citizen affected by them. It seemed timely to deepen our understanding of this context at a time where almost all of Latin America is adopting legal reforms that place the “law” as a solution to problems brought upon by the past. We have thus offered to explore the question as to whether since the implementation of the largest legal reform, since the implementation of the civil codes during the 18th century, Latin America has succeeded in placing the citizen at the centre of the law and development equation.
ES :
La principal causa de vulnerabilidad de las democracias latinoamericanas según Alain Rouquié (América Latina: Introducción al Far West), no se encuentra en “el resurgimiento del populismo”, o las maras, o la guerrilla, ni siquiera en “la ofensiva criminal y corrupta del narcotráfico”, o “la afluencia de dólares mal habidos”; Tampoco se encuentra en “la inconsecuencia de algunos políticos”. En realidad, la principal causa tiene relación con la pobreza y las crecientes desigualdades sociales, factores que a su vez, constituyen los principales desafíos a la estabilidad de las instituciones y el estado de derecho (Alain Rouquié, 1987, América Latina: Introducción al Far West. París, Edic du Seuil, pág 329-330). Es precisamente en este contexto de redemocratización de América que nos hemos planteado la interrogante sobre si las reformas judiciales, especialmente las reformas procesales penales que se llevan a cabo actualmente en casi toda América Latina, están contribuyendo o no, al desarrollo y la libertad de los ciudadanos. Nos parece oportuno indagar en esta área, considerando el hecho que casi toda América Latina ha entrado en un proceso de reformas jurídicas importantes, utilizando el derecho como solución a los problemas acarreados del pasado.
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A TALE OF TWO LATIN AMERICAN COUNTRIES: THE DEMOCRATIC RULE OF LAW IN MEXICO AND URUGUAY
Joaquín Bardallo Bandera
p. 57–81
RésuméEN :
Why is the democratic rule of law stronger in Uruguay than in Mexico? This work focuses on the state of the democratic rule of law in these countries by conducting a most similar systems comparison. The premise of this work is that there is a gap in the literature on factors that have historically made Uruguay the country with the strongest democratic rule of law in Latin America, and Mexico the one with the weakest democratic rule of law. Historical institutionalism is used to see how the sequence of political regimes, as well as the evolution of civil-military relations in the two countries, may explain the divergent outcomes. Emphasizing path dependency, this analysis is conducted using a methodology of process tracing. This research serves to put forward propositions in the form of a testable hypothesis on the causes that have led Mexico and Uruguay down different paths in relation to the rule of law. It also serves to fill a gap in the literature as cross-national differences on rule of law in Latin America have not been sufficiently well explained.
FR :
Pourquoi l’état de droit démocratique est-il plus fortement ancré en Uruguay qu’au Mexique ? Cet ouvrage met l’accent sur l’état de droit démocratique au Mexique et en Uruguay en procédant à une comparaison des systèmes les plus similaires. La prémisse de ce travail générateur d’hypothèses montre qu’il existe des lacunes dans la documentation portant sur les causes qui ont historiquement fait de l’Uruguay le pays où l’état de droit démocratique est le plus établi en Amérique latine, par opposition au Mexique où il est le moins présent. En se servant de l’institutionnalisme historique, nous démontrons comment l’évolution de l’enchaînement des régimes politiques tout comme celle des relations civilo-militaires peuvent expliquer les résultats divergents. En soulignant cette relation, cette analyse est menée à l’aide d’une méthodologie privilégiant le processus de traçage. Cette recherche sert à mettre en avant des propositions sous forme d’hypothèse vérifiable sur les causes qui ont conduit le Mexique et l’Uruguay sur des chemins différents en ce qui concerne l’état de droit. Elle sert également à combler une lacune dans la documentation dans un contexte où les différences entre pays quant à l’état de droit en Amérique latine, n’ont pas été suffisamment bien explorées.
ES :
¿Por qué el estado de derecho democrático está más fuerte en Uruguay que en México? Este trabajo se centra en Estado de derecho democrático en México y Uruguay mediante la realización de una comparación de sistemas más similares. La premisa de este trabajo generador de hipótesis es que existe un vacío en la literatura sobre las causas que históricamente han hecho Uruguay el país donde se aplica más el estado de derecho democrático en América Latina a diferencia de México dónde está menos aplicado. El institucionalismo histórico se utiliza para ver cómo la evolución de la secuenciación de los regímenes políticos, así como la evolución de las relaciones cívico-militares en los dos países puedan explicar los resultados divergentes. Haciendo hincapié en esta relación, este análisis se lleva a cabo utilizando una metodología de proceso de rastreo. Esta investigación sirve para presentar proposiciones en la forma de una hipótesis comprobable sobre las causas que han llevado a México y Uruguay por caminos diferentes cuando se trata del Estado de Derecho. También sirve para llenar un vacío en la literatura en un contexto dónde las diferencias en la aplicación del Estado de derecho democrático entre los países no han sido bien detalladas.
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EXPERIENCIAS INDIVIDUALES Y COLECTIVAS DE VIOLENCIA Y VICTIMIZACIÓN EN TORNO A LA DELINCUENCIA ORGANIZADA EN MÉXICO. UNA APROXIMACIÓN CUALITATIVA
Verónica Martínez Solares
p. 85–105
RésuméES :
La violencia que ha padecido México en la última década no encuentra referente alguno en la historia reciente del país. Mientras que en los últimos veinte años las tasas de homicidio habían descendido sistemáticamente, los escenarios de violencia letal y otras formas de violencia grave cambiaron de manera drástica y dramática, en un periodo de tiempo muy breve. Con una realidad muy distinta y cercana a la de un conflicto armado en varias regiones, un gran número de víctimas y comunidades se han visto afectadas por la violencia asociada a la delincuencia organizada y por la respuesta estatal a la misma. En este panorama, el presente artículo explora, desde un enfoque cualitativo, la perspectiva de las víctimas y sus comunidades acerca de cómo han vivido los impactos de la violencia y sus experiencias de acceso a la justicia penal en México.
FR :
La violence dont le Mexique a souffert dans la dernière décennie n’a pas trouvé de référence dans l’histoire récente du pays. Alors que dans les vingt dernières années le taux d’homicides a constamment chuté, de nouvelles scènes de violence meurtrière et d’autres formes de violence grave ont, sur une courte période, changé radicalement et de façon spectaculaire. Avec un paysage avoisinant celui d’un conflit armé ravageant plusieurs régions, de nombreuses victimes et membres des communautés ont été touchés par la violence associée au crime organisé et à la réponse de l’État à ce sujet. Dans ce contexte, cet article explore, à partir d’une approche qualitative, le point de vue des victimes et de leurs communautés sur l’impact de la violence et sur leurs expériences avec la justice pénale mexicaine.
EN :
The violence that Mexico has suffered in the last decade did not find any reference in the country's recent history. While in the past twenty years homicide rates have consistently been falling, new scenarios of lethal violence and other forms of serious violence changed drastically and dramatically in a very short period of time. With a landscape similar to an armed conflict in several regions, a large number of victims and communities actually have been affected by the violence associated with organized crime and the State's response to it. In this context, the present article explores, from a qualitative perspective, the view of the victims and their communities about the impact of violence and experiences of access to criminal justice in Mexico.
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EL PROBLEMA DE LOS LÍMITES DE LA PENA DE LAS FARC FRENTE A LAS PROPUESTAS PRESENTADAS EN LAS NEGOCIACIONES DE PAZ EN COLOMBIA
Jaime Alberto Sandoval Mesa
p. 107–127
RésuméES :
El presente trabajo pretende plantear los interrogantes que se generan en virtud del problema de la pena que puede ser impuesta a los máximos responsables de graves crímenes por parte de miembros de las FARC (Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia), a raíz de las negociaciones de paz que se desarrollan en la Habana, Cuba con el Gobierno Colombiano. En este cuestionamiento se analiza si es posible sanciones no punitivas frente al sistema penal colombiano que conserva su estructura tradicional desde la modernidad, frente a la justicia transicional y la justicia internacional, como también en concreto con relación a las amnistías, comisiones de la verdad, etc. Este planteamiento del problema se desarrolla a través de un método comparativo, hipotético deductivo, de tipo dogmático jurídico, tomando como base herramientas metodológicas, históricas, descriptivas, reflexivas y propositivas.
FR :
Cette étude a pour but de soulever les questions qui se posent sur les problèmes liés à la peine qui peut-être encourue par les principaux responsables de crimes graves commis par les membres des FARCS (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) suite aux négociations de paix qui ont eu lieu à la Havane, à Cuba avec le gouvernement colombien. Cette étude analyse la possibilité d’attribuer des sanctions non punitives au sein du système pénal colombien qui repose sur une structure traditionnelle, face à la justice transitionnelle et la justice internationale, plus particulièrement quant aux amnisties, aux commissions de vérité, etc. Cette approche s’articule autour d’une méthode comparative, hypothétique, déductive et juridique se fondant sur des outils méthodologiques, historiques, descriptifs, de réflexion et de proposition.
EN :
This work aims at presenting the questions generated under penalty problem that can be imposed on those most responsible for serious crimes by members of the FARC (Revolutionary Armed Forces of Colombia), following peace negotiations developed in Havana, Cuba with the Colombian government. This question is discussed if possible no punitive sanctions against the Colombian penal system that retains its traditional structure from modernity versus transitional justice and international justice, as well as specifically in relation to amnesties, truth commissions etc. This problem statement was developed through a comparative method, hypothesis testing, legal dogmatic type, based on methodological, historical, descriptive, reflective and purposeful tool.
État de droit et peuples autochtones
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JUSTICE ENVIRONNEMENTALE ET PEUPLES AUTOCHTONES : LES POSSIBILITÉS ET LES LIMITES DE LA JURISPRUDENCE DE LA COUR INTERAMÉRICAINE DES DROITS DE L’HOMME
Sophie Thériault
p. 129–148
RésuméFR :
Cet article a pour objet d’analyser la notion de justice environnementale en prenant appui sur les décisions de la Cour interaméricaine des droits de l’homme portant sur l’interprétation et l’application des droits à la vie et à la propriété en contexte autochtone. Les peuples autochtones, dont les territoires ancestraux regorgent de ressources naturelles convoitées à des fins marchandes, doivent pour plusieurs composer avec les répercussions écologiques, sociales et culturelles délétères des activités extractives. Dans de telles circonstances, et en l’absence de recours efficaces et accessibles en droit interne, certains de ces peuples ont, durant la dernière décennie, mobilisé le système interaméricain des droits de la personne comme vecteur potentiel de droits et de justice sur le plan environnemental. Notre analyse nous amène à conclure que l’interprétation large et libérale, par la Cour interaméricaine, des droits et libertés fondamentaux consacrés par la Convention américaine des droits de l’homme est susceptible de contribuer, sous réserve de son effectivité, à une justice environnementale accrue pour les Autochtones. Il en est ainsi en particulier de l’affirmation d’un droit à une vie « digne » (« vida digna »), de même que de la reconnaissance du droit de propriété collectif des peuples autochtones. En revanche, cette jurisprudence, qui consacre à certaines conditions la préséance du développement économique sur le droit de propriété des peuples autochtones, ne permet pas de mettre en cause de manière plus radicale les dynamiques économiques et politiques à l’origine de la crise écologique contemporaine et des inégalités devant la dégradation environnementale. Dans l’optique de promouvoir la justice environnementale, l’interprétation et l’application des droits de la personne devraient rendre compte de manière encore plus audacieuse des rapports d’interdépendance qui unissent les êtres humains, leurs sociétés et l’environnement.
EN :
This article seeks to analyze the notion of environmental justice, through the decisions of the Inter-American Court of Human Rights concerning the interpretation and application of the rights to life and property for the resolution of litigations involving indigenous peoples, whose ancestral territories abound with natural resources coveted for their market value, must cope with the negative environmental, social and cultural impacts of extractive activities. In such circumstances, and in the absence of effective and accessible remedies through national law, some of these peoples have, over the course of the past decade, mobilized the Inter-American human rights system as a potential vector of environmental rights and justice. Our analysis leads us to conclude that the large and liberal interpretation by the Inter-American Court of the fundamental rights and freedoms consecrated by the American Convention on Human Rights is likely to contribute, subject to its effectiveness, to increased environmental justice for indigenous peoples. This is the case in particular for the assertion of the right to a “dignified life” (“vida digna”), as well as for the recognition of the collective right to property of indigenous peoples. However, this jurisprudence, which recognizes under certain conditions the precedence of economic development over the right to property of Aboriginal populations, does not allow to call into question more radically the economic and political dynamics from which emanate the contemporary environmental crisis and the inequalities surrounding environmental degradation. In order to promote environmental justice, interpretation and application of human rights should take into account in an even bolder way the interdependent relationships uniting human beings, their societies and the environment.
ES :
Este artículo tiene como objeto analizar la noción de justicia ambiental a partir de las decisiones de la Corte Interamericana de Derechos Humanos que tratan de la interpretación y la aplicación de los derechos a la vida y a la propiedad en el contexto indígena. Los pueblos indígenas, debido a la riqueza de recursos naturales existente en sus territorios ancestrales, los cuales son contemplados con fines mercantiles, deben enfrentar las repercusiones ecológicas, sociales y culturales deletéreas de las actividades extractivas. En tales circunstancias y en la ausencia de recursos eficaces y accesibles en derecho interno, algunos de estos pueblos han, en el transcurso de la última década, movilizado el sistema interamericano de derechos humanos como vector potencial de derechos y de justicia en el plano ambiental. Nuestro análisis conlleva a la conclusión que la interpretación amplia y liberal de los derechos y libertades fundamentales consagrados en la Convención Americana sobre Derechos Humanos por la Corte Interamericana puede contribuir, a reserva de su eficacidad, a una amplificación de la justicia ambiental para los indígenas. Esto es particularmente cierto con respecto a la afirmación del derecho a una vida digna así como el reconocimiento de un derecho colectivo a la propiedad de los pueblos indígenas. Sin embargo, esta jurisprudencia, que consagra bajo ciertas condiciones la precedencia del desarrollo económico sobre el derecho a la propiedad de los pueblos indígenas, no permite cuestionar de manera más radical las dinámicas económicas y políticas a raíz de la crisis ecológica contemporánea y de las desigualdades frente a la degradación ambiental. En el marco de la promoción de la justicia ambiental, la interpretación y la aplicación de los derechos humanos deberían tomar en cuenta de manera todavía más audaz las relaciones de interdependencia que unen los seres humanos, las sociedades y el medio ambiente.
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DESARROLLO DE LA JURISPRUDENCIA EN CHILE SOBRE LA CONSULTA INDÍGENA: LOS CASOS DEL TRIBUNAL CONSTITUCIONAL Y LA CORTE SUPREMA
Sergio Fuenzalida B.
p. 149–177
RésuméES :
Este artículo realiza un análisis crítico de la jurisprudencia desarrollada por la Corte Constitucional y la Corte Suprema de Chile en relación con el derecho a la consulta de los pueblos indígenas consagrado en el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo. En el caso de la Corte Constitucional se notan ciertas deficiencias con respecto a la naturaleza y el alcance de la consulta de los pueblos indígenas, caracterizando este derecho por debajo de los estándares internacionales, limitándolo básicamente a un proceso recopilatorio de opiniones. En el caso de la Corte Suprema, el artículo describe las decisiones del máximo tribunal chileno, quien ha interpretado el derecho a la consulta de manera muy diferente. En varias ocasiones, este tribunal ha asimilado la consulta a mecanismos de participación ciudadana y en otras este ha reconocido un proceso autónomo, en este sentido más apegado a los estándares internacionales.
FR :
Cet article propose une analyse critique de la jurisprudence développée par la Cour constitutionnelle et la Cour suprême du Chili en lien avec l’obligation de consultation des peuples autochtones consacrée dans la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail. Dans le cas de la Cour constitutionnelle, l’auteur note des failles quant aux références à la nature et à la portée de la consultation autochtone, obligation qui fut définie en deçà des standards internationaux, essentiellement en tant que simple procédure pour recueillir des opinions. Quant à la Cour suprême, cet article présente les décisions pertinentes produites par la plus haute cour chilienne, qui a interprété l’obligation de consultation d’une façon très différente. À certains moments, le tribunal a assimilé la consultation à des mécanismes généraux de participation citoyenne, et à d’autres, il lui a reconnu une conception autonome plus proche des standards internationaux.
EN :
This article offers a critical analysis of the jurisprudence developed by the Constitutional Court and the Supreme Court of Chile in relation to the duty to consult with aboriginal groups enshrined in the International Labour Organization’s Convention 169. In the case of the Constitutional Court, the author notes that there exist certain flaws where the Court has referred to the nature and scope of aboriginal consultation, which has been defined below international standards, basically as a simple procedure to gather opinions. In the case of the Supreme Court, this article presents the relevant decisions of the highest Chilean Court, which has interpreted the duty to consult in a very different manner. On certain occasions, the tribunal has assimilated this duty to general mechanisms of citizen participation, and on others, it has recognized its autonomous nature in a manner closer to international standards.
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THE RIGHT TO CONSULTATION AND FREE, PRIOR AND INFORMED CONSENT IN LATIN AMERICA: THE GOVERNMENTALITY OF THE EXTRACTION OF NATURAL RESOURCES
Gonzalo Bustamante
p. 179–197
RésuméEN :
Over the last few decades, indigenous peoples in Latin America have adopted a human rights approach which demands the ratification of the International Labour Organization Convention 169 (C169), a convention that has been successfully ratified by most of Latin American countries. Most of the literature on the governance of natural resource extraction has focused on different governmental administrations and ecological policies. However, there is still a need to analyse the role of the right to consultation and ‘free, prior and informed consent’ (FPIC) within this governance structure. Using the theoretical framework of governmentality, this article aims to analyze the continuities and ruptures, as well as the tensions and advances of this form of governance by focusing on the rationalities, practices and technologies of government and power relations at play in the ratification of C169 and the implementation of FPIC in several Latin America countries. The main conclusion is that, while indigenous peoples are gaining more participation in and influence on the governance of extractive projects, national governments have colonized the right to FPIC, rendering it subordinate to their neoliberal and post-neoliberal projects. This has occurred through a rationality based on development and national interest, the use of biopolitics, ontopolitics and disciplinary power, as well as institutional and legal reforms as technologies of government – all of this having yielded little substantive implementation in comparison to a more established normative implementation. Consequently, the governmentality of most of these Latin-American countries corresponds to authoritarian governmentality.
FR :
Dans les dernières décennies, les peuples autochtones en Amérique latine ont adopté l’approche des droits de la personne revendiquant la ratification de la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail qui a été ratifié par la plupart des pays du continent. La plupart des publications concernant la gouvernance de l’extraction des ressources naturelles s’est focalisé sur les divers régimes utilisés ou sur la politique écologique. Cependant, il est nécessaire d’analyser la place spécifique du droit de consultation et de « consentement préalable, libre et éclairé » (CPLE) dans cette gouvernance. En utilisant le cadre théorique de la gouvernementalité, cet article vise à analyser les continuités et les ruptures, les tensions et les avancements dans cette gouvernance en se concentrant sur les rationalités, les pratiques, les technologies de gouvernement et les relations de pouvoir concernés à la ratification de la C169 et à la mise en oeuvre du droit de CPLE. La conclusion est que les peuples autochtones sont en train de gagner plus de participation et d’influence sur la gouvernance des projets extractifs, alors que les gouvernements colonisent le droit de CPLE afin de le subordonner à leurs projets néolibéraux et post-néolibéraux à travers une rationalité basé sur le développement et l’intérêt national, l’utilisation de la biopolitique, de l’onto-politique et de la discipline comme types de pouvoir, à travers de réformes institutionnelles et légales comme technologies de gouvernement, avec peu d’implémentation substantive par rapport à une majeure implémentation normative. La gouvernementalité de la plupart de ces pays de l’Amérique latine correspond à la gouvernementalité autoritaire.
ES :
Durante las últimas décadas, los pueblos indígenas de Latinoamérica adoptaron un enfoque basado en los derechos humanos, reivindicando la ratificación del Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo, que ha sido ratificado por la mayoría de los países. La mayoría de las publicaciones sobre la gobernanza de la extracción de recursos naturales se ha enfocado en los diversos regímenes utilizados o en la política ecológica. Sin embargo, es necesario analizar el rol específico del derecho a la consulta y del “consentimiento previo, libre e informado” (CPLI) en esta gobernanza. Este artículo, mediante un marco teórico de la gobernanza, tiene como objetivo analizar las continuidades y las rupturas, así como las tensiones y los avances de este tipo de gobernanza enfocándose en las racionalidades, las practicas, las tecnologías de los gobiernos y las relaciones de poder con respecto a la ratificación del Convenio 169 y la aplicación del derecho al CPLI en algunos países latinoamericanos. La conclusión principal es que, mientras que los pueblos indígenas están ganando más participación e influencia sobre la gobernanza de los proyectos extractivos, los gobiernos nacionales están colonizando el derecho al CPLI para subordinarlo a sus proyectos neoliberales y post-neoliberales a través de una racionalidad basada en el desarrollo y el interés nacional, el uso del poder biopolítico, onto-político y disciplinario, así como las reformas institucionales y legales como tecnologías gubernamentales, todo esto ha cedido a una mínima implementación substantiva comparada a una mayor implementación normativa. En consecuencia, la gobernanza de la mayoría de estos países de Latinoamérica corresponde a la gobernanza autoritaria.
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PUBLIC INTEREST LITIGATION IN THE INTER-AMERICAN COURT OF HUMAN RIGHTS: THE PROTECTION OF INDIGENOUS PEOPLES AND THE GAP BETWEEN LEGAL VICTORIES AND SOCIAL CHANGE
Salvador Herencia Carrasco
p. 199–220
RésuméEN :
The Inter-American Court of Human Rights has had a fundamental role in the protection of human rights in Latin America. Its judicial decisions have had a significant impact in national legislation, public policies and national courts. In the case of indigenous peoples, its main contributions have been related to the right to prior consultation and the protection of their territory. The purpose of this essay is to analyze the Sarayaku Case and its impact on public interest litigation. If one of the goals of strategic litigation is to foster social change, this cannot be restricted to the legal findings but must also include the active participation of victims, assuring their right of access to justice.
FR :
La Cour interaméricaine des droits de l’homme a joué un rôle fondamental dans la protection des droits de l’homme en Amérique latine. Ses jugements ont eu un impact significatif sur la législation nationale, les politiques publiques et les juridictions nationales. Dans le cas des peuples autochtones, elle s’est axée sur le droit à la consultation préalable et la protection de leur territoire. Le but de cet essai est d’analyser le cas Sarayaku et son impact sur les litiges d’intérêt public. Si l’un des objectifs du litige stratégique est de promouvoir le changement social, il ne peut se confiner qu’à des conclusions juridiques, mais doit aussi inclure la participation active des victimes, assurer leur droit d’accès à la justice.
ES :
La Corte Interamericana de Derechos Humanos ha tenido un papel fundamental en la protección de los derechos humanos en América Latina. Sus sentencias han tenido un impacto significativo en la legislación y políticas públicas de los Estados Parte de la Convención Americana de Derechos Humanos, así como en las decisiones de sus tribunales nacionales. En lo que corresponde a los pueblos indígenas, la jurisprudencia de la Corte Interamericana se ha centrado en el derecho a la consulta previa y en las medidas para la protección de sus tierras. El propósito de este ensayo es analizar el Caso Sarayaku v. Ecuador y el impacto positivo que esta sentencia puede tener en el desarrollo de litigios de interés público, tanto en el ámbito interamericano como local. Si uno de los propósitos de estos litigios es promover el cambio social, el desarrollo de estos casos no puede limitarse al análisis jurídico sino que debe también fortalecer la participación activa de las víctimas con el fin de asegurar su derecho de acceso a la justicia.
État de droit et participation citoyenne
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LA CRIMINALISATION DE L’ACTION COLLECTIVE DANS LA CRISE ACTUELLE DES DROITS HUMAINS EN AMÉRIQUE LATINE
Marie-Christine Doran
p. 221–246
RésuméFR :
Dans l’analyse de la crise des droits humains qui sévit dans plusieurs pays d’Amérique latine, un phénomène important passe souvent inaperçu : celui de la montée de la criminalisation de l’action collective et de la défense des droits par l’État qui touche les populations mobilisées pour la défense de leurs droits, populations maintenant considérées comme criminelles ou terroristes en vertu de diverses lois. Parmi les cinq pays d’Amérique latine ciblant le plus les défenseurs des droits par des lois répressives se trouvent le Mexique et le Chili, cas qui sont analysés en perspective comparative dans cet article. Bien que le Chili ne vit pas de crise de sécurité liée au narcotrafic et à la délinquance comme le Mexique, on y retrouve néanmoins la plus ancienne législation permettant la criminalisation de l’action collective. L’analyse comparée des cas chiliens et mexicains, incluant la législation sur la criminalisation, apparaît ainsi utile pour montrer que la présence de réels taux de violence civile n’est pas nécessaire pour que soit enclenchée la dynamique de construction de la menace interne permettant de justifier l’adoption de lois de criminalisation qui facilitent les violations des droits humains en Amérique latine. Ainsi, l’analyse réalisée ici sera centrée sur la mise en lumière de facteurs politiques centraux permettant la justification et la légitimation entourant les abus commis par des États sensés respecter les droits et libertés de leurs populations dans le cadre d’une démocratie centrée sur l’État de droit.
EN :
The Latin American human rights crisis is not often analyzed from the perspective of one of its component, namely the presence of the important and phenomenon of the criminalization of collective action and defense of rights, which affect citizens and defenders of rights who become considered as criminals or even as terrorists by a growing number of laws. Among the five Latin American countries where human rights and rights defenders are most affected by criminalization laws are México and Chile. Although, contrary to the case in Mexico, there is no drug traffic and civil violence crisis in Chile, this country nevertheless counts with the most ancient legislation allowing criminalization of collective action. In this sense, a compared analysis of the cases of Chile and Mexico, including their legislation on criminalization allows us to establish that the real presence of drug traffic and civil violence is not necessary for the dynamics of the construction of an internal threat justifying the adoption of laws that enable violations of human rights and rights defenders in Latin America. Therefore, the analysis made in this article strives to shed light on a number of main factors that allow for the justification and legitimization of grave abuses committed by states that have compromised themselves to respect and protect the rights and liberties of their citizens.
ES :
En la crisis de Derechos Humanos que padecen muchos países de America Latina, pasa muchas veces desapercibido el fénomeno creciente de la criminalización de la acción colectiva y de la defensa de los derechos de poblaciones consideradas como criminales, o incluso terroristas, por las leyes vigentes. Entre les cinco países de America Latina donde los defensores de derechos se ven más reprimidos por leyes de criminalización se encuentran México y Chile, dos casos que serán analizados en perspectiva comparativa en este artículo. Aunque Chile no se encuentre en una situación de crisis seguritaria ligada a la presencia de narcotráfico y de delincuencia a larga escala cómo es el caso de México, cuenta con la más antigua legislación que incentiva la criminalización de la acción colectiva. Así, el análisis comparativo de los casos mexicanos y chilenos permite demostrar que la presencia real de altos niveles de violencia civil no es necesaria para que exista la dínamica política que permite construir un concepto de amenaza interna necesario para la justificación de una legislación que apoya la criminalización y facilita las violaciones a los defensores de derechos. Así, el análisis realizado en este artículo busca poner en evidencia algunos factores políticos centrales que permiten la justificación y la legitimización de varios abusos cometidos por parte de Estados que se han sin embargo compremetido en respectar y proteger los derechos de sus ciudadanos en el marco de una democracia garantizada por el Estado de derecho.
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LA CRIMINALISATION DE LA PARTICIPATION CITOYENNE PAR DES « DÉMOCRATIES PARTICIPATIVES »
Ricardo Peñafiel
p. 247–271
RésuméFR :
Au moment même où l’idée de démocratie participative s’érige au rang de « nouveau paradigme de l’action publique », on assiste à l’exacerbation des versants autoritaires du gouvernement représentatif, qu’on constate, notamment, dans la tendance actuelle à la criminalisation de l’action collective et à la banalisation de l’état d’exception. Plutôt que d’y voir une contradiction entre un discours « participatif » et des pratiques autoritaires, cet article cherche à montrer comment la criminalisation contemporaine de la protestation sociale trouve ses conditions de possibilité au sein même du « discours participationniste » ainsi que dans les pratiques et institutions sociales et politiques qui y sont liées. En analysant quatre formes de légitimation de la répression massive et systématique d’actions collectives dans les Amériques (Québec, Chili, Équateur, Venezuela), le texte met en lumière comment l’exercice de droits fondamentaux (comme ceux d’association, d’expression et de rassemblement) est considéré comme une menace à la « démocratie » au nom de « consensus » supposément atteints au sein de forums « délibératifs » (consultatifs) organisés par le pouvoir et au sein desquels celui-ci préserve ses prérogatives de la « qualification » des participants, mais surtout de la « décision ». Il s’en suit une lutte pour le sens entre deux conceptions et pratiques de la participation : l’une « consensuelle » et encadrée et l’autre « sauvage » ou insurgeante. Pour rendre compte de cette conception sauvage (non domestiquée) de la démocratie et de la participation, le texte se base sur des « récits de vie » de participants anonymes d’actions contestataires transgressives ayant eu lieu dans les Amériques au cours du dernier quart de siècle. Cette analyse de deux conceptions et pratiques de la participation citoyenne tend à montrer que, loin de représenter un danger pour la démocratie, la participation insurgeante en constitue son principe dynamique.
EN :
In a context where the idea of participative democracy is being raised to the rank of “new paradigm of public action”, we are witnessing the exacerbation of the representative government’s authoritarian tendencies, which can be observed through, for example, the actual trend of criminalization of collective action and the trivialization of the state of emergency. Rather than viewing this as a contradiction between a “participative” discourse and authoritarian practices, this article seeks to demonstrate how the contemporary criminalization of social protest finds its possibility conditions within the “participation discourse” itself, as well as through the practices and social and political institutions which are related to it. By analyzing four types of legitimation of massive and systemic repression of collective actions in the Americas (Quebec, Chile, Ecuador, Venezuela), this text highlights how the exercise of fundamental rights (such as those of association, expression and assembly) is considered a threat to “democracy” in the name of consensus supposedly attained within “deliberative” (consultative) forums organized by the authority in place and within which this authority preserves its prerogatives for the “qualification” of participants and especially for the “decision”. Results a fight for the meaning between two conceptions and practices of participation: one “consensual” and contained, and the other “wild” or transgressive. In order to illustrate this wild conception (non-domesticated) of democracy and participation, this text is based upon “narratives” from anonymous participants of transgressive dissenting actions that happened in the Americas during the last quarter century. This analysis of two conceptions and practices of citizen participation tends to demonstrate that, far from representing a danger for democracy, transgressive participation constitutes its dynamic principle.
ES :
Mientras la idea de democracia participativa se impone como “paradigma de la acción pública”, asistimos a la exacerbación de los rasgos más autoritarios del gobierno representativo que se constata principalmente en la tendencia contemporánea a la criminalización de la acción colectiva y a la banalización del estado de excepción. En vez de invocar una contradicción entre un discurso “participativo” y prácticas autoritarias, este artículo intenta mostrar como la criminalización contemporánea de la protesta social encuentra sus condiciones de posibilidad dentro del mismo “discurso participacionista” y de las prácticas e instituciones sociales y políticas que se remiten a este. Al analizar cuatro formas de legitimación de la represión masiva y sistemática de acciones colectivas en las Américas (Quebec, Chile, Ecuador, Venezuela), el texto muestra como el ejercicio de derechos fundamentales (como los de asociación, de expresión y de manifestación) se ve (des)considerado como una amenaza para la “democracia” en función de “consensos” supuestamente alcanzados dentro de foros “deliberativos” (consultativos) organizados por el poder y dentro de los cuales este conserva sus prerrogativas de la “calificación” de los participantes y, sobre todo, de la “decisión”. Esto conduce a una lucha por el sentido entre dos concepciones y prácticas de la democracia y de la participación: la primera “consensual” y encausada y la otra “salvaje” o insurgente. Para dar cuenta de esta concepción salvaje (no domesticada) de la democracia y de la participación, el texto se basa sobre “relatos de vida” de participantes anónimos de acciones contestatarias transgresivas ocurridas en las Américas durante et último cuarto de siglo. Este análisis de dos concepciones y prácticas de la participación ciudadana tiende a mostrar que, lejos de representar un peligro para la democracia, la participación insurgente representa su principio dinámico.
État de droit, transition et institutions
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GOBERNANZA EN DERECHOS HUMANOS: HACIA UNA EFICACIA Y EFICIENCIA INSTITUCIONAL
Luis Eduardo Zavala de Alba
p. 273–288
RésuméES :
La eficacia y eficiencia de la Comisión Nacional de Derechos Humanos así como la de las Comisiones Estatales de Derechos Humanos son esenciales para los gobiernos, tanto para evaluar la calidad de la democracia como para la implementación de las recientes reformas constitucionales a nivel nacional y estatal. El lugar que ocupan estas entidades a nivel nacional pero sobre todo a nivel estatal son clave esencial de la gobernanza en derechos humanos. Interpretar a partir del Derecho Internacional de los derechos humanos, de la implementación de una política pública en derechos humanos (sub disciplina de la ciencia política y la administración pública) así como desde la práctica, nos permite examinar la naturaleza y alcance de estas instituciones en todo proceso de gobernanza. De ahí que el análisis de la actuación de los gobiernos a nivel federal como a nivel local ha identificado numerosos factores que conducen hacia una eficacia y eficiencia que cada vez se vislumbra como imperativos de éstos organismos no jurisdiccionales de protección. La comprensión de estos factores están relacionados causalmente además de que comienzan a ser una constante para una gobernanza efectiva a nivel federal como a nivel estatal. El punto de partida es el marco analítico de la lógica de la gobernanza. Este artículo tiene como objetivo analizar una lógica de gobernanza en derechos humanos de las organizaciones responsables de su efectividad como una forma de rediseño institucional que conduzca al análisis y actualización del papel que cumplen y las condiciones para las que fueron creadas.
FR :
L’efficacité et l’efficience des Commissions nationales et d’État des droits de l’homme sont indispensables pour les gouvernements, non seulement pour évaluer la qualité démocratique, mais aussi pour instaurer des réformes constitutionnelles étatiques nationales. La place qu’occupent ces entités au niveau national, mais surtout au niveau étatique, sont des éléments clé de la gouvernance en droit de l’homme. Tirer une interprétation des droits de l’homme en se basant sur le droit international, à partir de la mise en oeuvre d’une politique publique sur les droits de l’homme (discipline connexe des sciences politiques et de l’administration publique) nous permet d’examiner la nature et la portée des ces institutions dans l’ensemble du processus de gouvernance. Ainsi, l’analyse de la performance des gouvernements, tant au niveau fédéral que local, a permis d’identifier de nombreux facteurs qui mènent à une efficacité et une efficience qui se révèlent être de plus en plus relatifs aux impératifs de ces organes de protection non juridictionnels. Il faut comprendre le lien causal qui existe entre ces facteurs d’autant plus qu’ils deviennent la norme pour une gouvernance efficace tant au niveau fédéral qu’au niveau étatique. La base de l’argumentation s’inscrit dans le cadre analytique de la logique de la gouvernance. Cet article analyse la logique de gouvernance par les droits de l’homme des organismes responsables de l’efficacité, telle une reconceptualisation institutionnelle qui mène à l’analyse du rôle qu’elle joue et les conditions pour lesquelles elles furent créees.
EN :
The effectiveness and efficiency of both the National Commissions of Human Rights and the State Commission of Human Rights are essential for governments, not only to assess the quality of democracy, but also to introduce recent constitutional reforms at both the national and state levels. These entities represent a key element for human rights governance not only at the national level but also at the state level. The interpretation of the human rights based on international law, from the implementation of a public policy on human hights (sub discipline of political science and public administration) allows us to examine the nature and scope of these institutions in the whole process of governance. Thus, the analysis of the performance of governments both at the federal and local levels, has identified many factors that lead to effectiveness and efficiency that increasingly appear to be the requirements of these bodies of non-judicial protection. It is necessary to understand the causal relationship between these factors especially as they are becoming the standard for effective governance, both at federal and state levels. The basis of the argument lies in the analytical framework of the logic of governance. This article aims to analyze the logic of governance on human rights bodies responsible for its effectiveness, as an institutional redesign that leads to the analysis and the role they play and the conditions for which they were created.
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LA JUSTICE TRANSITIONNELLE À L’ÉPREUVE D’INÉGALITÉS STRUCTURELLES HISTORIQUES AU GUATEMALA
Karine Vanthuyne
p. 289–305
RésuméFR :
Cet article met en lumière les tensions qui se jouent entre les imaginaires politiques d’instigateurs d’initiatives dites de « justice transitionnelle », et ceux des participants à celles-ci, à partir de l’analyse du travail de mobilisation de survivants du conflit armé interne guatémaltèque pour un procès contre le haut commandement de l’armée pour génocide. Contribuer à une démocratisation « par le bas » du Guatemala en rétablissant la confiance des principales victimes du conflit, les autochtones, en l’État, constituait l’objectif principal du procès. Or, la poursuite de cet objectif s’est heurtée à l’expérience de domination politique et de marginalisation socio-économique historique, et encore actuelle, que vivent les autochtones dans ce pays. Du point de vue de ces derniers, du moins de ceux auprès desquels j’ai mené mes recherches, il n’y pas, et n’est pas prêt d’advenir, d’État de droit au Guatemala – qu’on parle d’un État de droit de nature procédurale ou substantielle. C’est pourquoi, tout en luttant pour la justice pour les massacres des leurs, ils continuent de rechercher des rapports clientélistes auprès des agences de développement ou des autorités politiques dont ils estiment pouvoir retirer un bénéfice matériel. Il en va, selon eux, de leur « survie » matérielle, dans un contexte d’extrême précarité et de criminalisation croissante des mouvements de revendications autochtones pour le respect de leurs droits.
EN :
Drawing on an analysis of the involvement of survivors of the Guatemalan armed conflict in a genocide case against the military high command, this article highlights the tensions that are at play between the political imaginaries of instigators of and participants in "transitional justice" projects. The main objective of the genocide case was to contribute to the "bottom up" democratization of Guatemala by restoring confidence in the state of the main victims of the conflict, the Indigenous population. However, this sector’s historic and ongoing experience of political domination and socio-economic marginalization constitutes an insurmountable obstacle to this process. From the perspective of Guatemala’s Maya, or at the very least from the perspective of the Maya with whom I conducted my ethnographic research, there is no rule of law in Guatemala of a procedural or substantial nature, nor is there about to be. This is why my research participants have continued to seek patronage relationships with development agencies or political authorities they believe they can benefit from while fighting for justice for the violent deaths of their loved ones. According to them, this is the only way they can "survive" in the context of extreme poverty and the increasing criminalization of indigenous rights movements.
ES :
Este artículo busca destacar, a partir de un análisis sobre los esfuerzos de movilización de los sobrevivientes del conflicto interno de Guatemala por un proceso de genocidio contra el alto mando militar, las tensiones existentes entre el imaginario político de los instigadores de proyectos de “justicia transicional” y el de sus participantes. El proceso de genocidio tenía como principal objetivo la contribución a la democratización “de abajo hacia arriba” del país a través del restablecimiento de confianza de las victimas principales del conflicto, los indígenas, hacia el estado. Sin embargo, este objetivo se vio obstaculizado por la presencia de una dominación política y la marginalización socioeconómica, todavía presente, de este sector de la población. Desde la perspectiva de los pueblos Mayas de Guatemala, al menos de la perspectiva de los Mayas con quien realicé mi investigación, no existe y no está a punto de existir en Guatemala un estado de derecho, que sea de carácter procedural o substancial. Esto explica porque éstos, a pesar de encontrarse en una constante lucha por la obtención de justicia por la masacre de los suyos, continúan a entretener relaciones clientelares con agencias de desarrollo o autoridades políticas de las cuales creen que pueden obtener un beneficio de orden material. Esta sería la única manera de asegurar su “supervivencia” material en un contexto de extrema pobreza y de criminalización creciente de los movimientos de reivindicación indígena por el respeto de sus derechos.
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LE PLURALISME JURIDIQUE, LA JUSTICE TRANSITIONNELLE ET ALTERNATIVE : LE CAS DU CONFLIT ARMÉ INTERNE COLOMBIEN
Nelson Arturo Ovalle Diaz
p. 307–334
RésuméFR :
Les modes alternatifs de règlement des différends constituent une option de rechange pour venir en aide aux personnes délaissées par un système de justice étatique (ordinaire ou transitionnel), car des études portant sur le système de justice étatique ont démontré qu’il peut être lent, coûteux et inabordable. Pour cette raison, le Rwanda adopte le modèle de justice alternative de type communautaire appelé juridictions Gacaca. La Colombie possède aussi sa propre justice alternative pour trancher les conflits à faible intensité sociale, notamment les juridictions indigènes et les juges de paix et de conciliation. Donc, il est légitime de se poser les questions suivantes : premièrement, la justice alternative serait-elle un instrument efficace pour trancher les conflits portant sur la violation des règles de droit impératif, ou demeure-t-elle plutôt un mécanisme de résolution de conflits à faible intensité portant uniquement sur des règles facultatives ? Deuxièmement, est-ce que la Cour interaméricaine des droits de l’homme et la Cour pénale internationale pourraient valider un système de justice alternative en Colombie, à l’instar de la justice Gacaca au Rwanda ?
EN :
Alternative dispute resolution methods constitute a substitute option to help people that have been neglected by a State justice system (ordinary or transitional), considering studies on such State justice systems demonstrate that they can be slow, costly and unaffordable. For this reason, Rwanda adopted the community-oriented alternative justice model of Gacaca jurisdictions. Colombia also has its own alternative justice system in place to resolve low-intensity social conflicts, such as the indigenous jurisdictions and the Justices of the Peace and Conciliation. Therefore, one may reasonably ask the following questions: firstly, is alternative justice an efficient instrument to resolve conflicts concerning a violation of mandatory rules of law, or does it remain a mechanism designed to resolve low-intensity conflicts concerning exclusively optional rules? Secondly, could the Inter-American Court of Human Rights and the International Criminal Court validate an alternative justice system in Colombia, such as Gacaca justice in Rwanda?
ES :
Les mecanismos alternativos de resolución de conflictos son otra opción para ayudar a las personas no atendidas por un sistema de justicia estatal (ordinario o de transición), porque los estudios sobre el sistema de justicia estatal muestran que éste último puede ser lento, caro e inasequible. Por esta razón, Rwanda adopta el modelo alternativo de la justicia basada en las costumbres de la comunidad llamado Tribunales Gacaca. Colombia también tiene su propia justicia alternativa para resolver los conflictos sociales de baja intensidad, es el caso de las jurisdicciones indígenas y los jueces de paz y reconciliación. Por lo tanto, es legítimo preguntarse las siguientes cuestiones: en primer lugar, ¿la justicia alternativa podrá constituir una herramienta eficaz para la resolución de conflictos ocasionados por la violación de las normas de orden público internacional (jus cogens), o ella sigue siendo más bien un mecanismo para la resolución de conflictos baja intensidad? En segundo lugar, ¿es que la Corte Interamericana y la Corte Penal Internacional podrían validar un sistema de justicia alternativa en Colombia, come ocurre con el caso de la justicia Gacaca en Ruanda?
Réflexion
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LA AGENDA ACTUAL DE LOS DERECHOS HUMANOS EN LA REGIÓN ANDINA: REFLEXIONES PARA EL ANÁLISIS Y EL DEBATE
Nataly Ponce
p. 335–345
RésuméES :
El objetivo de este artículo es abordar temas acerca del actual Programa de Derechos Humanos en tres países Andinos: Ecuador, Bolivia y Perú. Este artículo analiza dicho programa, centrando su atención en serias violaciones a los derechos humanos en el contexto de la violencia política en las décadas de los años ochentas y noventas. Al respecto de este tema, este artículo destaca el trabajo de las Comisiones de la Verdad y Reconciliación en Ecuador y en Perú e identifica los desafíos relacionados con la investigación y el castigo de estos crímenes, pero también la importancia de reforzar las reparaciones individuales y colectivas de las víctimas como medio para mejorar la reconciliación social y la paz en estos países. Este artículo también estudia algunos asuntos del Programa de Derechos Humanos en Ecuador, Bolivia y Perú. En Bolivia, este artículo presenta el empleo abusivo de la detención preventiva. Según la estadística oficial más del 80% de detenidos se encuentran bajo ella. Este problema es debido a la lentitud del sistema de justicia y causa una crisis de hacinamiento en las cárceles, representando daños y perjuicios significativos a los derechos humanos así como a las garantías del debido proceso. Relacionado con Ecuador, este artículo muestra como las nuevas leyes aprobadas por el gobierno ecuatoriano representan un riesgo para el derecho de la libertad de expresión en ese país. El gobierno ecuatoriano anuncia "la democratización del acceso a medios de comunicación" a través de medidas que limitan los derechos en cuanto a la libertad de prensa y de expresión. Finalmente, en cuanto a Perú, el presente artículo se relaciona con los conflictos sociales relacionados con la explotación de recursos naturales, de manera especial con el oro. En Perú hay fuertes tensiones entre los proyectos para la explotación de recursos naturales y las comunidades que viven donde estos recursos han sido localizados, causando conflictos sociales. Estos problemas surgen en la minería a gran escala y en la minería informal. El año pasado, el gobierno peruano estableció como delito la "minería ilegal", lo que condujo a protestas por parte de mineros informales en varias provincias. En este contexto, los nativos y su derecho a la autodeterminación y a la protesta social están en tensión con el deber del estado que debe velar por la seguridad, asegurar el orden público y la libre circulación.
FR :
L’objectif de cet article est d’aborder différentes problématiques de l’actuel agenda en matière de droits humains au sein de trois pays andins : l’Équateur, la Bolivie et le Pérou. Cet essai analyse l’agenda traditionnel, axé sur les violations graves de droits humains dans le contexte des violences politiques des années 1980 et 1990. À ce sujet, l’article met en lumière les travaux des Commissions de vérité et réconciliation en Équateur et au Pérou, et identifie les défis liés aux enquêtes et peines pour ces crimes, mais également l’importance de renforcer les réparations individuelles et collectives aux victimes en tant que façon d’améliorer la réconciliation et la paix sociale dans ces pays. Cet essai étudie également des sujets à l’agenda actuel en matière de droits humains en Équateur, en Bolivie et au Pérou. En Bolivie, cet article met de l’avant l’usage abusif des détentions avant jugement. Selon les statistiques officielles, 80% des détenus sont en détention avant jugement. Ce problème est causé par la lenteur du système de justice et résulte en une situation criante de surpopulation carcérale, occasionnant des dommages significatifs aux droits humains et aux garanties de procédure équitable. En ce qui concerne l’Équateur, cet essai démontre comment les nouvelles lois adoptées par le gouvernement équatorien représentent un risque pour le droit à la liberté d’expression dans ce pays. Le gouvernement équatorien a annoncé « la démocratisation de l’accès aux médias » par des mesures limitant les droits à la liberté de la presse et d’expression. Finalement, quant au Pérou, cet article aborde les conflits sociaux liés à l’exploitation de ressources naturelles, spécifiquement l’or. Il y existe de fortes tensions entre des projets visant l’exploitation de ressources naturelles et les communautés habitant aux endroits où les ressources sont situées, résultant en des conflits sociaux. Ces problèmes apparaissent dans les cas de l’industrie minière à large échelle et de l’industrie informelle. L’an dernier, le gouvernement péruvien a créé le crime d’« activités minières illégales », qui mena à des manifestations de mineurs informels dans plusieurs provinces. Dans ce contexte, les peuples autochtones et leurs droits à l’auto-détermination et de contestation sociale sont en tension avec le devoir de l’État d’assurer la sécurité, l’ordre public, et la liberté de transit.
EN :
The purpose of this article is to address issues on the current human rights agenda in three Andean countries: Ecuador, Bolivia and Peru. This paper analyzes the traditional agenda that is focused on serious human rights violations in the context of political violence in the 1980s and 1990s. Concerning this topic, this paper highlights the work of the Commissions of Truth and Reconciliation in Ecuador and Peru, and identifies the challenges related with the investigation and punishment of these crimes, but also the importance of strengthening the individual and collective reparations for victims as a way to improve the social reconciliation and peace in these countries. This paper also studies some topics of the current agenda of human rights in Ecuador, Bolivia and Peru. In Bolivia, the article presents the abusive use of pretrial detention. According to official statistics, more than 80% of detainees are in pretrial detention. This problem is due to the slowness of the justice system and causes a prison overcrowding crisis, resulting in significant damages to human rights as well as to the guarantees of due process. In the case of Ecuador, this paper shows how the new laws passed by the Ecuadorian government represent a risk for the right to freedom of expression in this country. The Ecuadorian government is announcing "the democratization of the access to media" through measures that limit the rights to freedom of the press and expression. Finally, regarding Peru, this paper addresses the social conflicts related to the exploitation of natural resources, specifically gold. There exist strong tensions between projects for the exploitation of natural resources and the communities who live where these resources are located, causing social conflicts. These problems arise in cases of mining on a large scale as well as in cases of informal mining. Last year, the Peruvian government created the crime of "illegal mining", which has led to protests by informal miners in several provinces. In this context, native people and their right to self-determination and social protest are in tension with the duty of the state to provide security and ensure public order and freedom of transit.