Résumés
Résumé
Le bilan de la transition à la démocratie au regard des rapports de genre permet d’évaluer non seulement l’évolution des mouvements de femmes, mais aussi les acquis, les limites et les enjeux de ces mobilisations. À travers l’étude de l’action du SERNAM (Servicio Nacional de la Mujer) et de quelques enjeux clés concernant la citoyenneté des femmes et leur individuation, tels que la question de l’avortement, le dossier des quotas et la loi du divorce, l’article décortique la dynamique de l’intégration et de l’autonomie liant les associations de femmes et les partis politiques, à la lumière des critères de qualité d’une démocratie que sont la liberté, l’égalité, l’obligation de rendre des comptes et la délibération. Le trajet parcouru par le Chili depuis le passage à la démocratie apparaît comme ayant enclenché une dynamique réelle d’extension de la citoyenneté des femmes, à la croisée de l’interne et de l’externe, qui laisse cependant large place aux expressions multiples du conservatisme social propulsé par l’Église et par des représentations sociales paternalistes et maternalistes. L’article illustre comment le poids des « enclaves autoritaires » continue d’avoir un effet de blocage auquel se heurte le féminisme institutionnel dans sa lutte pour dépasser l’héritage laissé par le caractère négocié du passage à la démocratie.
Abstract
The assessment of the transition to democracy concerning gender relationships reveals not only how the women movements have evolved, but also the achievements, the limits and the issues of those mobilisations. By studying the actions of SERNAM (Servicio Nacional de la Mujer) and several key issues concerning women’s citizenship and individuation such as abortion, quotas and the law of divorce, this paper analyzes the dynamics of integration and autonomy relating the women associations to political parties, in the light of qualitative criterias for democracy, namely liberty, equality, accountability, deliberation. Chile’s path since its transition to democracy seems to have induced a dynamics extending women’s citizenship, at the crossing point between the external and the internal, though it still leaves room to several expressions of the social conservatism promoted by the Church and by paternalist and maternalist representations. This paper illustrates how the inertia of such “autoritarian enclaves” still hampers institutional feminism in its struggle to overcome the inheritage of a negociated transition to democracy.