Résumés
Résumé
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Blaise Cendrars se livre à une étonnante réécriture de son expérience des tranchées de 1914. Du témoignage originel, J’ai tué (1918), à sa version revue et corrigée, La Main coupée (1946), il opère un continuel jeu de collage, de citation, de transposition, tant interne qu’externe, oscillant constamment entre mode narratif et mode descriptif, prose et poésie, notations triviales et envolées lyriques. Il s’impose ainsi définitivement comme un maître de l’hétérogène, déjouant sans cesse l’attente du lecteur ; mais dans le même temps, il laisse à ce dernier l’impression d’une variation en mineur, prélude à l’automythographie des dernières années.
Abstract
Following the second World War, Blaise Cendrars undertakes an astonishing rewriting of his own experience in the 1914 trenches. From his original account, J’ai tué (1918), to the revised and corrected version, La Main coupée (1946), Cendrars operates a continuous play of collage, quotations, and both internal and external transpositions, moving constantly between narrative and descriptive modes, prose and poetry, trivial notations and lyrical elevations. Thus, Cendrars establishes himself as a master of the heterogeneous, always going against the reader’s expectations but, at the same time, giving him the impression of a variation in minor or a prelude to the automythography of the last years.
Parties annexes
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