Résumés
Résumé
Sans prétendre refaire l’analyse de grandes séries américaines – excellemment réalisée par quelques chercheurs ces dernières années –, on visera à éclairer ici une dimension censée mineure du phénomène et qui a à voir avec la référentialité de toute narration (par exemple, pour des séries très diffusées en France, par les chaînes hertziennes, comme Friends, Profiler, Caméléon ou The Sentinel). Les lieux figurés (et tout particulièrement les séquences tournées en extérieur ainsi que les décors intérieurs), les gestuelles (notamment l’articulation de la langue parlée et les expressions faciales, les postures et les démarches) seront particulièrement analysés en tant qu’ils modulent significativement les réceptions. Constituant une dimension opaque et structurellement inexplicitée (du fait de la présence de l’image et du son non linguistique) d’un « produit » culturel qui valorise l’univocité narrative, cette part « non rationalisée » du récit télévisuel est l’objet de domestications si variables qu’il est difficile de savoir si l’on peut parler d’une même série selon qu’elle est vue à Boston ou à Lyon, à New York ou à Paris, à Québec ou à Marseille.
Abstract
Without claiming to redo the analysis of big American series - excellently realized by some researchers these last years, the aim here is to shed light on a minor supposed dimension of the phenomenon and which has to see with the “ référentialité ” of any story (for example, for series very spread in France, by the Hertzian channels, as Friends, Profiler, Chameleon or The Sentinel). The figurative places (and quite particularly sequences shot on location as well as internal decors), the body languages (notably the articulation of the spoken language and the facial expressions, the postures and the steps) will be particularly analyzed as they modulate significantly the receptions. They constitute the most opaque and structural dimension (because of the presence of the image and the not linguistic sound) of a cultural “ product ” which values the narrative univocity. This part “ not rationalized ” of the television story is the object of so variable tamings which it is difficult to know if one can speak about the same series as it is seen in Boston or in Lyon, in New York or in Paris, in Quebec or in Marseille.
Parties annexes
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