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Contrôler l’équilibre redox cellulaire: une fonction ubiquitaire pour la protéine prion cellulaire ?Control of cellular redox balance as an ubiquitous function of the cellular prion protein ?[Notice]

  • Benoît Schneider,
  • Mathéa Pietri,
  • Myriam Ermonval,
  • Sophie Mouillet-Richard et
  • Odile Kellermann

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  • Benoît Schneider
    Laboratoire Différenciation cellulaire et Prions,
    Cnrs UPR 1983 et Institut Pasteur,
    7, rue Guy Môquet,
    94801 Villejuif, France.
    bschneid@vjf.cnrs.fr

  • Mathéa Pietri
    Laboratoire Différenciation cellulaire et Prions,
    Cnrs UPR 1983 et Institut Pasteur,
    7, rue Guy Môquet,
    94801 Villejuif, France.

  • Myriam Ermonval
    Laboratoire Différenciation cellulaire et Prions,
    Cnrs UPR 1983 et Institut Pasteur,
    7, rue Guy Môquet,
    94801 Villejuif, France.

  • Sophie Mouillet-Richard
    Laboratoire Différenciation cellulaire et Prions,
    Cnrs UPR 1983 et Institut Pasteur,
    7, rue Guy Môquet,
    94801 Villejuif, France.

  • Odile Kellermann
    Laboratoire Différenciation cellulaire et Prions,
    Cnrs UPR 1983 et Institut Pasteur,
    7, rue Guy Môquet,
    94801 Villejuif, France.

Les encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST) constituent un groupe de maladies neurodégénératives qui provoquent inéluctablement la mort après une période d’incubation longue [1]. L’agent pathogène responsable des ESST - tremblante du mouton ou scrapie, ESB ou maladie de la vache folle et maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l’homme - est composé essentiellement, voire exclusivement, d’une protéine nommée PrPSc pour forme scrapie (Sc) de la protéine prion cellulaire ou PrPC. Ces deux isoformes possèdent la même structure primaire mais des conformations différentes. La conversion de la PrPC en sa forme scrapie serait à l’origine de la maladie. La PrPC est une protéine ubiquitaire, particulièrement abondante dans les neurones qui constituent les cibles des ESST. La fonction de cette protéine reste encore très énigmatique et très difficile à débusquer. Les souris PrP-/- dont le gène codant pour la PrPC a été invalidé sont viables et n’ont pas permis d’élucider le rôle physiologique de la PrPC. Quatre pistes sont actuellement privilégiées pour identifier la fonction de la PrPC [2]: (1) la PrPC participerait au métabolisme du cuivre intracellulaire; (2) la PrPC aurait dans les neurones un rôle protecteur contre les dommages causés par les radicaux libres. Les cellules cérébelleuses issues de souris PrP/- et des cellules de neuroblastome infectées par l’agent pathogène sont en effet plus sensibles à un stress oxydant induit [3]; (3) la PrPC serait impliquée dans les contacts intercellulaires et/ou les phénomènes d’adhérence cellulaire, puisque la PrPC interagit avec la laminine, le récepteur de la laminine [4] et la N-CAM (neural cell adhesion molecule) [5]; enfin (4), notre équipe a mis en évidence une fonction de signalisation de la PrPC [6] dans des neurones sérotoninergiques (1C115-HT) et noradrénergiques (1C11NE) dérivés de la cellule souche neuroépithéliale 1C11 [7] ((→) m/s 2001, n°3, p.402). Le ligand physiologique susceptible d’activer la PrPC n’est pas connu. Des anticorps anti-PrP ont donc été utilisés pour mimer un signal extracellulaire. Le pontage de la PrPC induit l’activation de Fyn, une enzyme de la famille des Src kinases. Cette voie de signalisation qui implique un complexe PrPC-cavéoline-Fyn, est déclenchée préférentiellement par les molécules de PrPC localisées au niveau des extensions des neurones bioaminergiques 1C115-HT ou 1C11NE. La découverte d’une voie de transduction couplée à la PrPC nous a incités à rechercher les cibles intracellulaires activées en réponse à la ligation de la protéine prion par les anticorps. La stimulation de la PrPC induit l’accumulation transitoire de dérivés réactifs de l’oxygène (ROS, reactive oxygen species). Ces ROS sont produits à des concentrations semblables non seulement par les cellules neuronales 1C115-HT ou 1C11NE, mais aussi par les cellules indifférenciées 1C11, les cellules hypothalamiques GT1-7 et les lymphocytes T BW5147. Aucune production significative de ROS n’a été observée dans les cellules Thy1-, dérivées de la lignée BW5147 et qui n’expriment pas PrPC à la membrane plasmique. Pour tous les types cellulaires, la production de ROS est abolie par l’ajout dans le milieu de culture d’un inhibiteur sélectif de la NADPH oxydase, enzyme de synthèse d’anions superoxydes (O·̄2) .Nous établissons donc un lien biochimique entre la PrPC et la production de dérivés réactifs de l’oxygène. Le couplage de la PrPC à la production de ROS tel qu’on l’observe dans les neurones, les lymphocytes et les cellules neuroendocrines, pourrait refléter une fonction ubiquitaire de la protéine prion dans le contrôle de l’équilibre redox de la cellule …

Parties annexes