Les territoires intelligentsIntelligent TerritoriesLos territorios inteligentes

Mot des rédacteurs invitésWord from the Guest EditorsPalabras de los redactores invitados[Notice]

  • Sophie Cros,
  • Florent Praflong et
  • Tobin Im

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  • Sophie Cros
    Université Le Havre Normandie, ISEL, NIMEC

  • Florent Praflong
    Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, PRISM-Sorbonne, Chaire ETI

  • Tobin Im
    Seoul National University

Les villes représentent près de 2 % du territoire mondial pour 55 % de la population mondiale (celle-ci devant passer à 68 % en 2050, selon ONU World Urbanization Prospect, 2018). Ces territoires sont le champ de toutes les compétitions, les démesures et les controverses. Dans ces territoires ont désormais pris corps des solidarités multiples mais aussi des antagonismes d’intérêts qui interpellent la pratique du management public (Almirall et al., 2016). Un territoire intelligent doit être capable de comprendre et de s’adapter à son environnement, se transformer, être résilient, anticiper les perturbations, en minimiser leurs effets, en mettant en oeuvre des moyens d’actions, grâce à l’apprentissage et à l’innovation, en fonction du but à atteindre, tout en respectant sa durabilité. Les contributions de ce numéro de Management International permettront de mieux comprendre les enjeux, la nature des politiques publiques permettant de mettre en place de tels territoires, et de mieux identifier les acteurs de ce système de réseaux interconnectés pour développer des flux efficaces et efficients, entres acteurs privés et publics. L’urbanisation croissante de nos territoires porte atteinte à la durabilité environnementale, économique et sociale des villes (Bibri, Krogstie, 2017; Neirotti et al., 2014). Les territoires intelligents soulèvent un certain nombre de questionnement : L’usage intensif des nouvelles technologies peut-il être compatible avec un management public durable ? Ces technologies peuvent-elle être motrices d’une nouvelle qualité de vie et de valeur ajoutée économique dans les territoires ? Quelles sont les nouvelles formes d’organisation citoyennes à l’ère actuelle ? Quels sont les facteurs de réussite à un management responsable des villes intelligentes ? Quels sont les enjeux et les modalités d’implication des parties prenantes dans les projets de ville intelligente ? Quelles modes de gouvernance partenariale pour impliquer les citoyens dans les projets des territoires intelligents ? Une recomposition des acteurs et des services semble donc nécessaire pour assurer une compatibilité entre “Territoires intelligents et Management public durable”. Les territoires intelligents ne font pas l’objet d’un consensus quant à leur définition, contrairement à la notion de ville intelligente. En 2012, une définition assez complète (Chourabi et al., 2012) est proposée permettant d’analyser les progrès d’une ville intelligente et de la caractériser, fondée sur huit dimensions internes et externes, affectant la conception, la mise en oeuvre, et l’utilisation d’initiatives de ville intelligente : le management et l’organisation, la technologie, la gouvernance, le contexte politique, les individus et communautés, l’économie, les infrastructures, l’environnement. Les concepts et théories de la “Smart City” sont aussi scrutés par la communauté académique (Appio et al., 2019; Camaro et alba, 2019; Sharifi, 2020) pour, notamment, analyser la robustesse de ce paradigme à faire face aux défis contemporains à relever au niveau des développements sociaux, économiques, politiques et environnementaux. Les territoires intelligents reposent sur un écosystème de services, suggéré par Hsiaoping (2017). Le Parlement européen (2014) a défini les villes intelligentes comme “un lieu où les réseaux traditionnels et les services sont plus efficaces avec l’utilisation du numérique et des télécommunications technologies, pour le bénéfice de ses habitants et entreprises”. À cet égard, Söderström et al. (2014 : 10-11) indiquent que “la ville (intelligente) repose sur trois piliers principaux : les services de planification et de gestion; services d’infrastructure; et des services humains” construits autour de différentes dimensions : qualité de vie (vie intelligente), compétitivité (économie intelligente), capital social et humain (personnes intelligentes), services publics et sociaux et participation citoyenne (gouvernance intelligente), infrastructures de transport et de communication (mobilité intelligente) et ressources naturelles (environnement intelligent). Longtemps, le territoire a été considéré “intelligent” en raison du développement des nouvelles technologies (les Technologies …

Parties annexes

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