Résumés
Abstract
This article revisits two influential essays by Gayatri Chakravorty Spivak, “The Politics of Translation” (1992) and “Imperatives to Re-Imagine the Planet” (1999), and aims to connect and foreground their shared preoccupation with the ethical as “experience of the impossible.” I argue that, crucially for our contemporary moment, these two essays also think borders—linguistic, disciplinary, political, geographic—but eschew the familiar “bordered/borderless binary”; instead, Spivak seeks to displace the border question altogether onto the scale of planetarity, beyond categories of local/global or national/international where the planet is understood to be in a “species of alterity,” an otherness that is not and cannot be derived from us, “the globe.”
Résumé
Cet article revient sur deux essais influents de Gayatri Chakravorty Spivak, « The Politics of Translation » (1992) et « Imperatives to Re-Imagine the Planet » (1999). Il vise à relier et à mettre de l’avant leur préoccupation commune concernant l’éthique en tant qu’« expérience de l'impossible ». Je soutiens que ces deux essais pensent aussi les frontières — linguistiques, disciplinaires, politiques, géographiques —, ce qui est crucial à notre époque, tout en évitant l’opposition binaire habituelle « avec ou sans frontières ». Spivak cherche plutôt à déplacer la question des frontières à l’échelle de la planétarité, au-delà des catégories local/global ou national/international, là où la planète est comprise comme étant une « species of alterity », une altérité qui n’est pas et ne peut pas être dérivée de nous, « le globe ».