Résumés
Résumé
À une époque où l’on s’est efforcé de redéfinir la nature de la vie et de faire de l’âme (anima ou psyché) une autorité centrale dans l’organisation de tout processus matériel et immatériel, l’architecture sert non seulement de métaphore structurelle, mais aussi de schéma épistémologique capable de recadrer la formation tectonique de tout être vivant. Cet article retrace les manifestations externes et les processus méthodologiques internes de cette « âme architectonique » à travers les théories épistémologiques du philosophe Albert Lemoine et sa lecture des principes vitalistes et animistes de Georg Ernst Stahl; également dans les récits ethnographiques des forêts animées écrits par des anthropologues comparatistes tels Edward Burnett Tylor et James George Frazer; ou encore dans les rudiments du culte animiste des arbres que l’on trouve dans les écrits d’historiens et théoriciens de l’architecture tels James Fergusson, Karl Bötticher et Gottfried Semper; ou enfin dans les mémoires ethnographiques sur les rituels animistes contemporains de l’historien culturel Aby Warburg.
Abstract
Within an era that strived to redefine the nature of life and raised the soul (anima or psyche) to a central authority in the organization of material and immaterial processes, architecture served not only as a structural metaphor, but also as an epistemological model capable of reframing the tectonic formation of all living beings. This article describes the inner workings of this “architectonic soul” via a close reading of the animist and vitalist theories of Albert Lemoine and Georg Ernst Stahl, the comparative anthropological accounts of animist forests by Edward Burnett Tylor and James George Frazer, the architectural histories of spaces and buildings of tree worship by James Fergusson and Karl Bötticher, and finally, the ethnographic memoirs of animist rituals by cultural historian Aby Warburg.