Résumés
Résumé
Il s’agit d’abord, à travers une lecture de Ludwig Tieck (Die verkehrte Welt et Der gestiefelte Kater), de penser le rapport complexe de précédence qu’entretient le sonore avec l’opsis théâtrale. Car le théâtre, pourrait-on dire, s’écoute avant de se voir. Mais il s’agit ensuite d’explorer la réflexivité de cette écoute (le s’ de s’écouter), en observant les inscriptions du public ou du parterre, en abyme, dans les pièces elles-mêmes. Une telle réflexivité introduit dans l’écoute théâtrale la distance d’un écho ou d’un dédoublement (s’écouter écouter) que l’on retrouve jusque dans les écritures théâtrales qui, comme celle d’Artaud, tendent pourtant à la plus vive immédiateté, sur le modèle du rayonnement radiophonique.
Abstract
First, through a reading of Ludwig Tieck (Die verkehrte Welt and Der gestiefelte Kater), this essay focuses on the complex relationship of precedence that sound has with theatrical opsis since theatre, we might say, is listened to before it is seen. Also explored is the reflexivity of this listening by observing what the public or orchestra “inserts” within the pieces themselves. This reflexivity introduces an echo reverb or sound overlay (listening to oneself listening) present in some theatre writings which, as in Artaud’s case, nonetheless evoke immediacy, akin to the effect of radio.