Résumés
Résumé
Cet article porte sur les transformations de la capacité juridique des communautés autochtones au sein de l’ordre juridique colonial canadien entre la fin du 18e siècle et l’adoption des premières lois concernant les Premières Nations en 1850. Il montre comment la tendance grandissante au 19e siècle à envisager le statut corporatif comme découlant seulement de l’État a contribué à l’effacement de la capacité juridique des collectivités autochtones. S’étant d’abord vu accorder une capacité juridique comme corps religieux (missions) dans les années 1830, les communautés autochtones ont ensuite été assimilées à des corps de nature politique, dépourvus du statut de corporation. La personnalité juridique apparaît ainsi comme un instrument juridique ayant facilité la dépossession des peuples autochtones. La démonstration s’appuie sur le cas de la communauté abénakise d’Odanak (Québec).
Abstract
This article examines the transformations in the legal capacity of aboriginal communities within the Canadian colonial legal order between the end of the 18th century and the adoption of the first “Indian” acts in 1850. It shows how the growing tendency in the 19th century to view corporate status as deriving solely from the state contributed to the erasure of the legal capacity of aboriginal communities. Having first been granted legal capacity as a religious body (missions) in the 1830s, aboriginal communities were subsequently assimilated to bodies of a political nature lacking corporate status. Legal personality thus turned out to be a legal instrument that facilitated the dispossession of First Nations. The demonstration is based on the case of the Abenaki community of Odanak (in present-day Quebec).