Résumés
Résumé
En tant que pratique littéraire fondée sur la distanciation et la contradiction argumentative, l'ironie est un acte illocutoire. Elle relève de l'implicite ou de ce que la linguistique de renonciation appelle « les actes de langage indirects ». Le rétablissement du contexte énonciatif du récit permet de saisir sa relation dialogique aux discours normatifs. Pour comprendre le rôle de l'ironie dans une oeuvre littéraire, il faut déterminer le schéma hypothétique de lecture, et établir, dans la diégèse, le statut socioculturel du héros par rapport aux instances des discours réévalués. Ces considérations théoriques ont rendu possible l'analyse pragmatique de certaines formes « lexicalisées » d'ironie dans Entre les eaux.Menée dans ce premier roman de Mudimbe qui est construit sur l'hétéronomie discursive et la quête identitaire de l'actant-sujet, cette étude a permis de répondre à la question de savoir comment l'ironie fonctionne comme modalité de réévaluation des discours institutionnels devenus hégémoniques, notamment le catholicisme, le marxisme et le nationalisme africain.
Abstract
As a literary practice grounded on distanciation and argumentative contradiction, the irony is an illocutory act. It relates to the implicit speech, or to what the enunciative linguistics calls " the indirect language acts ". The enunciative context suggested by the narrative universe allows understanding its dialogical relationship to the normative discourses. To understand the irony function in the literary work, one has to determine the hypothetical outline of reading ; one also has to establish, at the narrative level, the sociocultural status of narrator-hero in relation to the characters whose speeches are evaluated. All these theoretical considerations make possible the pragmatic analysis of some classical kinds of irony in Entre les eaux.This study on Mudimbe's first novel helps finding out the role of irony. The latter, indeed, becomes the reevaluative way or modality of hegemonie discourses, in particular catholicism, marxism and African nationalism.