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3274.Plus d’information
Mots-clés : dystopia, climate-fiction, material ecocriticism, Venice, slow violence
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3275.Plus d’information
Cet article examine un texte parmi les plus importants et explicites sur le plan érotique de l’Espagne des débuts de la modernité : La Celestina (1499/1507) de Fernando de Rojas. En mettant en lumière les trois actes sexuels prenant place dans l’intrigue, on avance que ces relations peuvent être interprétées comme une négociation des valeurs présentes dans le texte, à savoir, l’amour (courtois), l’honneur et l’argent. Alors que les spécialistes se sont penchés sur la métaphore dans La Celestina de la roue de fortune, cet article propose que cette roue représente bien davantage que les vicissitudes de la vie, puisqu’elle fonctionne dans le texte comme un élément structurant qui devient concret à l’aide de l’ars combinatoria de Ramón Llull (ca. 1232–1315). L’utilisation du dispositif mnémonique du philosophe catalan démontre comment les valeurs du texte sont transférées des hommes vers les femmes, transformant ainsi leur signification. Bien que ces inversions aient dû amuser le public, elles révèlent également des tensions propres à une société qui se transforme.
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3276.Plus d’information
Les sociétés idéales imaginées par Francis Bacon et Margaret Cavendish emboîtent étonnamment le pas à l’Utopie de Thomas More lorsqu’elles éliminent la valeur monétaire de l’or pour la remplacer par une économie du savoir. La New Atlantis de Bacon (1627) et le Blazing World de Cavendish (1666) proposent de façon comparable la quête d’une nouvelle lumière et le refus du profit égoïste, du commerce privé, de l’accumulation du capital et de la consommation ostentatoire. Toutefois, à la différence de More, ils permettent que soit maintenue la valeur esthétique et symbolique de l’or, qui éclipse ainsi complètement sa valeur de monnaie d’échange. Cavendish utilise l’or pour construire et glorifier son univers flamboyant et pour créer d’étonnantes armes défensives, mais il ne peut être ni acheté, ni vendu, ni même gagné, puisqu’il est exclusivement impérial. Bacon limite l’usage de l’or à l’achat d’une nouvelle lumière, c’est-à-dire de la connaissance, et à l’hommage des familles florissantes en leur offrant de symboliques grappes de raisins en or, mais tout comme les Pères de la Maison de Salomon, cettes trois sociétés valorisent uniquement la connaissance bénéfique et les vertus de collaboration qu’enseignent leur religion nouvelle et améliorée afin de favoriser la paix universelle et la fraternité.
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3277.Plus d’information
L’intimidation constitue une question vive qui interpelle les intervenant·es sociaux·les et éducatif·ves, les trajets scolaires de plusieurs élèves étant entravés, souvent de manière importante, sur les plans de leur sécurité et de leur état de santé physique et psychologique. Une telle question, largement évoquée dans l’espace public et le plus souvent débattue par les adultes, concerne aussi les jeunes. Ici comme ailleurs, des actions éducatives ont été entreprises dans les milieux au cours des dernières décennies pour en enrayer l’expansion et en prévenir les manifestations. Comment des élèves du secondaire, interprètent-ils et interprètent-elles ce phénomène lorsqu’ils et elles sont invité·es à en discuter entre eux et elles, lors d’échanges en sous-groupe? Que disent-ils et disent-elles et comment en parlent-ils et en parlent-elles? Le présent article tente d’éclairer les significations qu’ils et elles attribuent au phénomène et de saisir la dynamique interactionnelle qui s’en dégage, la perspective de l’interactionnisme symbolique servant de cadre théorique. Les échanges engagés entre eux et elles laissent voir une co-construction des significations basée sur une logique argumentative soutenue par les référents discursifs convoqués, stimulée par les interactions engagées et nourrie par des sources de savoirs, ce qui laisse voir, de manière plus large, leur rapport à l’apprendre. En conclusion, nous soulignons l’importance des interactions médiatisantes engagées par les adultes en vue d’adapter leurs actions et soutenir la transformation des capacités cognitives des élèves pour leur permettre d’appréhender la complexité des problèmes auxquels ils et elles ont à répondre.
Mots-clés : bullying, intimidation, symbolic interactionism, interactionnisme symbolique, focus group, focus group, meaning coconstruction, coconstruction de sens, student voices, voix de jeunes
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3278.Plus d’information
Mots-clés : Representation, Intersectionality, Identity, Asian/American, Game Studies, Webseries
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3279.Plus d’information
L'argumentation kiscérale de Gilbert consiste, en gros, à argumenter sur la base d'intuitions. Au premier plan d'un tel modèle (rhétorique) se trouvent ceux qui argumentent et leurs auditoires, qui résolvent les désaccords à l'aide d'arguments kiscéraux. Les intuitions en tant que raisons étaient plus importantes dans le droit prémoderne, lorsque le droit n'était pas aussi explicite, précis et définitif qu'aujourd'hui. Le droit influencé par la religion ou la loi religieuse en était un exemple typique. Dans notre époque moderne beaucoup plus laïque, les intuitions sont plus ou moins subordonnées au mode logique (juridique) de l’argumentation. Cependant, dans les cas juridiques difficiles, lorsque la logique « s'épuise », ce sont les valeurs qui les règlent. Sans surprise, les neurosciences et la psychologie cognitive ont montré un lien étroit entre les valeurs et l'intuition.
Mots-clés : kisceral argumentation, intuition, pre-modern law, hardest cases, values
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3280.Plus d’information
RÉSUMÉMalgré la popularité acquise par la victimologie, il est surprenant de constater qu'il n'existe pas de compte rendu exhaustif de l'histoire de la discipline, ni d'évaluations systématiques de son état actuel ou de l'orientation probable de ses développements futurs. Le présent article se propose de remédier à ces lacunes. La victimologie est un domaine jeune et prometteur, ainsi qu'un sujet d'étude fascinant. Bien que le fait de victimiser soit aussi vieux que l'humanité elle-même, ce ne fut qu'après la Deuxième Guerre mondiale que l'étude scientifique des victimes du crime apparut comme étant un complément essentiel aux recherches criminologiques sur les auteurs d'actes criminels. Du fait même qu'elle naquit afin de combler une importante lacune théorique, il ne lui fallut pas longtemps avant de devenir une partie intégrante de la criminologie. Mais, en dépit du fait qu'elle constitue désormais un domaine de recherche important en criminologie, sa nature, son importance et son statut continuent à susciter un grand nombre de commentaires et de controverses. L'étude des victimes du crime et du phénomène de la victimisation criminelle possède le potentiel de pouvoir remodeler la criminologie en tant que discipline, et pourrait bien être le changement de paradigme tant attendu. À l'instar de la criminologie, la victimologie n'a pas évolué de la même manière partout dans le monde. Comme toutes les disciplines, elle est plus avancée et plus développée dans certains pays que dans d'autres. Son développement présente certaines similitudes mais aussi d'importantes différences. Malgré tout, les récents développements en victimologie ont transformé radicalement la discipline. Des réalisations majeures dans le domaine de la pratique sont venues éclipser les approches théoriques des débuts de la victimologie. Cette phase remarquable de son évolution fut caractérisée par des activités de consolidation, de cueillette de données, de formulation de théories et surtout, de création de nouvelles lois axées sur les victimes ainsi que de mise au point de mesures visant à améliorer leur situation. Sur le plan théorique, divers modèles furent élaborés afin d'essayer d'expliquer la grande variabilité des risques de victimisation, la concentration des risques de victimisation dans certains secteurs et au sein de certains groupes, ainsi que pour tenter de lever le voile sur le phénomène particulier de la victimisation répétée. Suite à l'adoption par les Nations Unies de la Déclaration de principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalité et aux victimes d'abus de pouvoir, plusieurs États réagirent en élaborant des lois accordant des droits aux victimes. Les développements dans le domaine de la pratique furent encore plus spectaculaires. On doit souligner notamment la création de systèmes étatiques d'indemnisation des victimes de crimes violents, la reémergence de l'obligation pour le criminel de réparer les dommages causés à la victime, ainsi quel'établissement et la prolifération de programmes de médiation entre victimes et agresseurs. Le secteur des services d'aide aux victimes, en particulier, connut une formidable expansion. La thérapie devint la voie privilégiée pour les victimes de contrer les effets traumatiques de la victimisation. C'est sur la base de cette évolution dynamique, ainsi que sur celle des tendances passées et actuelles, que le présent article essaie d'identifier certaines voies que pourrait emprunter la victimologie dans le futur. Il émet l'hypothèse que l'on verra s'effectuer une transition d'un idéalisme utopique vers un réalisme intransigeant, mettant de plus en plus l'accent sur la recherche scientifique et en particulier sur la recherche qualitative. L'article prévoit également que le besoin de promouvoir et de défendre les droits des victimes ira décroissant, et qu"il en sera de même pour le recours systématique à la thérapie pour les victimes. Les développements futurs en victimologie sont perçus comme étant intimement liés à l'acceptation et à l'implantation du modèle de justice restauratrice. On en conclut que la victimologie se transformera vraisemblablement en une discipline véritablement scientifique et en une pratique véritablement humanitaire.