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3.Plus d’information
En France, en moyenne montagne, le risque d'avalanche apparaît occulté alors que l'aléa avalanche est pourtant bien présent, et les enjeux réels. Cet article montre que ce paradoxe résulte de représentations qui dépassent le seul phénomène physique. La prégnance du modèle alpin (les Alpes constituant le modèle-type de la montagne) ainsi que la construction de la notion moyenne montagne par opposition à la haute montagne conduisent à faire de la moyenne montagne un espace distinct au caractère « tendrement montagneux ». Dans ce contexte, l'ancrage territorial en haute montagne de la figure de l'avalanche, et plus largement du risque, se retrouve jusqu'aux acteurs scientifiques et institutionnels. Il se traduit, dans le système de gestion du risque d'avalanche français, par l'organisation de deux sous-systèmes distincts, celui dédié à la moyenne montagne se distinguant par l'absence de nombre d'outils et d'acteurs spécifiques. Finalement, les caractéristiques et les images associées aux objets phénomène avalanche et montagne concourent, implicitement ou explicitement, à occulter le risque en moyenne montagne, et donc à l'absence de fabrication du problème avalanche dans cet espace. Le cas archétypal du Massif vosgien permet d'illustrer le propos.
Mots-clés : représentations, montagne, risque d'avalanche, gestion des risques, Massif vosgien, risk perception, mountain, avalanche hazard, risk management, Vosges Massif
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7.Plus d’information
Grâce à une lecture inspirée conjointement par l'approche psychanalytique et la critique au féminin, cet article réintègre La montagne secrète dans l'ensemble de la production royenne où il faisait jusqu'ici figure d'anomalie, principalement à cause de son héros masculin et, surtout, à cause de l'absence quasi totale de personnages féminins et de cellules familiales. Par le décodage du symbolisme particulier à la romancière, est mis au jour ce qui se cache sous l'intrigue de surface, c'est-à-dire un roman familial au féminin qui s'apparente principalement à celui qui structure les récits à caractère autobiographique de Gabrielle Roy et qui rejoint même celui d'écrits féministes des années 1970, tels ceux des Jovette Marchessault, Madeleine Gagnon et Louky Bersianik. Cet article souligne d'abord que les figures de Nina et du vison permettent à Roy une dénonciation de l'appropriation des femmes; il montre ensuite que, derrière la quête de la Montagne entreprise par le héros, se dissimule celle de la mère préoedipienne, de la mère non aliénée par la culture. Ainsi, en affirmant que la relation mère-fille a tout simplement été refoulée, cette analyse réhabilite du même coup La montagne secrète aux yeux de la critique au féminin pour qui il constituait la pierre d'achoppement à la thèse voulant que Roy pratique une écriture au féminin grâce à sa vision de l'intérieur de l'expérience féminine.
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8.Plus d’information
RésuméL'analyse de la personne ou de l'oeuvre d'art comme entité matériellement incorporée et culturellement émergente est centrale dans l'oeuvre de Joseph Margolis : il tente de développer un dualisme des propriétés, comme alternative au réalisme platonicien et au dualisme ontique cartésien, en esthétique et en « philosophy of mind ». La définition de l'incorporation proposée par Margolis est ici critiquée par le moyen d'un contre-exemple, et plusieurs révisions possibles de cette définition, en vue d'éviter l'objection, sont aussi rejetées. La théorie de Margolis nous délivre en principe des inconvénients métaphysiques des ontologies traditionnelles ; mais elle ne peut être acceptée tant et aussi longtemps que le concept d'incorporation n'aura pas été défini d'une façon satisfaisante.