Documents repérés
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2.Plus d’information
Kafka s'intéressait à l'anarchisme — il a fréquenté pendant les années 1910-1912 des cercles anarchistes à Prague — mais il n'était pas un « écrivain anarchiste ». Son oeuvre ne saurait être réduite à une doctrine politique, quelle qu'elle soit, mais on peut repérer les liens souterrains entre son esprit anti-autoritaire, sa sensibilité libertaire, ses sympathies pour l'anarchisme d'une part, et ses principaux écrits de l'autre. Ces passages nous ouvrent un accès privilégié à ce qu'on pourrait appeler le paysage interne de l'oeuvre de Kafka.
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4.Plus d’information
Cette étude examine la manière dont le film Kafka de Soderbergh (1991) procède à une « projection » du romancier tchèque dans le monde même de son œuvre. Cette étude ne s'appuie pas sur le repérage systématique des diverses citations convoquées, mais interroge plus fondamentalement la démarche post-moderne qui sous-tend une telle pratique du pastiche. Celle-ci est en l'occurence nourrie de références au genre du film noir et à l’expressionnisme allemand.
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6.Plus d’information
RÉSUMÉ Un mince fil dans la vaste littérature sur Kafka concerne la connaissance qu'avait Kafka de la philosophie, et plus précisément l'utilisation, dans les récits de Kafka, de quelques-unes des idées principales de Franz Brentano. Kafka a suivi des cours de philosophie à l'Université Charles, cours donnés par des étudiants de Brentano, Anton Marty et Christian von Ehrenfels. Il fut aussi, pendant plusieurs années, membre d'un groupe de discussion organisé par des partisans orthodoxes de la philosophie brentanienne à Prague. Le présent essai résume ce que l'on sait des relations entretenues par Kafka avec le mouvement brentanien. Il porte sur les idées brentaniennes qui concernent l'évidence de la perception intérieure, la conscience oblique, l'introspection active, le jugement correct et incorrect et la conscience en tant qu'espèce de tribunal intérieur, dans le but d'éclairer certains aspects centraux de l'œuvre de Kafka, incluant son style. Nous porterons une attention particulière sur Die Verwandlung et Der Prozess , et nous offrirons une interprétation de ce dernier texte selon laquelle le procès de Joseph K. se passe entièrement dans l'esprit de K. lui-même.
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7.Plus d’information
RésuméLe Procès en yiddish ou l'importance d'être humoristique - L'auteure met en lumière le Kafka humoristique — et non kafkaesqu — et critique le « mythe Kafka » qui s'est constitué après la Seconde Guerre mondiale, centré surtout sur l'angoisse existentielle chez Kafka. Bien avant la guerre, Max Brod ainsi que Walter Benjamin reconnurent la dimension humoristique des textes de Kafka, dont l'essentiel se trouve dans les jeux de mots et les gestes; en dehors de ces auteurs, l'humour chez Kafka restait inaperçu. Le présent article met l'accent sur les contextes culturels et idéologiques anglais, allemand et yiddish qui ont déterminé des lectures/traductions disparates de ses textes. L'article établit surtout une comparaison entre la traduction d'avant-guerre du Procès par Edwin et Willa Muir, qui contribua au « mythe Kafka », et la traduction yiddish d'après-guerre de Melech Ravitch, laquelle souligna les qualités humoristiques du roman. D'une part, la traduction yiddish situe le roman de Kafka dans un genre littéraire qui est culturellement spécifique en même temps qu'elle suggère une lecture « juive » alternative du texte; mais, d'autre part, se fondant sur la traduction anglaise et la version allemande originale, Ravitsch « corrige » aussi le « mythe » du Kafka angoissé et constitue un défi au genre assez morne du kafkaesque qui demeure si répandu dans les cultures de langue anglaise et allemande contemporaines.
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8.Plus d’information
Alexandre Vialatte (1901-1971) a traduit presque toute l'oeuvre de Kafka en français tout en élaborant sa propre oeuvre littéraire. Celle-ci est pourtant loin de se situer dans la dépendance de celle de Kafka. Vialatte a en effet été non seulement le traducteur de Kafka mais aussi un critique avisé proposant plusieurs lectures successives qui sont à l'origine des grandes options de la critique actuelle. Les analogies entre les récits de Kafka et les romans de Vialatte restent souvent très vagues : inquiétante étrangeté, folie du classement, culpabilité sans faute, tandis que les emprunts intertextuels directs sont minces. On peut néanmoins suivre le fil qui conduit de Kafka à Vialatte dans La dame du Job et Le fidèle berger, romans du secret et de la consigne, dans La maison du joueurde flûte, parabole d'inspiration kafkaïenne, et dans Les fruits du Congo, le grand roman de 1951. On perçoit ainsi plus précisément ce que Vialatte appelle « l'idée fausse qui m'est nécessaire » en parlant de sa lecture personnelle de Kafka mise au service de sa propre création romanesque.