Abstracts
Résumé
Dans la plupart des pays francophones d’Afrique subsaharienne, les espaces de conservation de l’environnement sont majoritairement des héritages des occupations coloniales. Pour les aires protégées plus récentes, leurs conceptualisations, implantations et programmes de gestion sont presque exclusivement réalisés par des acteurs internationaux, en collaboration plus ou moins étroite avec les autorités nationales, et avec une concertation et intégration plus ou moins importantes des communautés riveraines vivant au sein ou à proximité de ces espaces environnementaux. Présentés comme des projets internationaux de développement, ces aires protégées sont pour la plupart constituées de manière ex nihilo et ne sont que faiblement intégrées aux territoires et à leurs structures socio-environnementales, politiques et économiques. Cette introduction au numéro thématique effectue une synthèse non exhaustive de la littérature portant sur les aires protégées en Afrique francophone, les conflits environnementaux et les perspectives d’intégration et de gestion communautaire par et pour les communautés riveraines. Elle interroge en cela, d’une part, la manière dont les normes et pratiques environnementales, sociales et politiques endogènes des communautés riveraines peuvent contribuer à la conservation de la biodiversité et, d’autre part, comment leur intégration au sein des processus de gestion des aires naturelles protégées peut favoriser le renforcement des programmes de conservation de l’environnement et l’appropriation des services environnementaux qu’ils peuvent procurer.
Mots-clés :
- aires naturelles protégées,
- conflits environnementaux,
- droit de l’environnement,
- droit endogène de l’environnement,
- gestion participative,
- communautés riveraines,
- Afrique subsaharienne
Abstract
In most French-speaking countries of sub-Saharan Africa, environmental conservation areas are largely the legacy of colonial occupation. For more recent protected areas, their conceptualization, establishment and management programs are almost exclusively carried out by international players, in more or less close collaboration with national authorities, and with varying degrees of consultation and integration of local communities living in or near these environmental spaces. Presented as international development projects, these protected areas are for the most part created ex nihilo, and are only weakly integrated into the territories and their socio-environmental, political and economic structures. This introduction to the thematic issue provides a non-exhaustive synthesis of the literature on protected areas, environmental conflicts and the prospects for community integration and management by and for riparian communities. It examines how, on the one hand, the endogenous environmental, social and political norms and practices of riparian communities can contribute to the conservation of biodiversity and, on the other, how their integration into the management processes of natural protected areas can help strengthen environmental conservation programs and the appropriation of the environmental services they can provide.
Keywords:
- protected natural areas,
- environmental conflicts,
- environmental law,
- endogenous environmental law,
- participatory management,
- riparian communities,
- sub-saharan africa
Article body
Introduction
Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, les espaces de conservation de l’environnement sont majoritairement des héritages des occupations coloniales. Pour les aires protégées plus récentes, leurs conceptualisations, implantations et programmes de gestion sont presque exclusivement réalisés par des acteurs internationaux, en collaboration plus ou moins étroite avec les autorités nationales, et avec une concertation et intégration plus ou moins importantes des communautés riveraines vivant au sein ou à proximité de ces espaces environnementaux (Blanc, 2020 ; Duffy, 2006 ; Hagberg et al., 1996 ; Hartman, 2014 ; Okpoko, 2022). Présentés comme des projets internationaux de développement, ces aires protégées sont pour la plupart du temps constituées de manière ex nihilo et ne sont que faiblement intégrées aux territoires et à leurs structures socio-environnementales, politiques et économiques, en dépit des efforts internationaux déployés au cours des dernières décennies pour mettre en œuvre une gouvernance partagée et mutuellement bénéfique des projets de conservation (Stan, 2014).
Ce partage de la gouvernance et des revenus est d’autant plus nécessaire que, comme le met lui-même en avant le Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les communautés riveraines font partie des communautés les plus vulnérables et les moins privilégiées (Okpoko, 2022, p. 24). Aubertin et Rodary soulignent en ce sens « l’émergence des approches participatives au cours des années 1980 avec pour objectif de confier la gestion des ressources à des acteurs locaux, en présentant les identités communautaires et les intérêts économiques privés comme des leviers au service de la conservation » et l’apport des sciences sociales à partir des années 1990, contribuant à « faire reconnaître le rôle des connaissances traditionnelles sur les écosystèmes locaux » (Aubertin et Rodary, 2008, p. 21-22). L’intégration quasi-systématique des dimensions sociales et l’inclusion des communautés riveraines dans la gestion des projets de conservation de l’environnement apparaissent ainsi nécessaires dès le début des années 2000 pour répondre à ces enjeux. Cette dimension est autant soutenue par les recherches en sciences humaines et sociales que par les bailleurs internationaux et parties prenantes exogènes aux programmes de conservation (Binot et Daou 2007, §1).
Binot et Daou (2007, §1, §5 et §7) rappellent cependant dès les années 2000 (i) la faible emprise de ces approches sur la réalité du terrain, (ii) la complexité des structures socio-économiques et socio-politiques en périphéries des aires protégées, et (iii) la difficulté des États ouest-africains de faire appliquer les politiques de conservation sur les territoires. Dans une perspective similaire, Roué et Bahuchet (2014, §4) réitèrent que des nombreux conflits sont observés entre les communautés riveraines et les gestionnaires des espaces de conservation. Ce constat a contribué à intégrer en parallèle les perspectives de développement durable au sein des programmes de conservation, et à la création des programmes intégrés (Integrated Projects of Conservation and Development, IPCD), eux-mêmes rapidement contestés (Dumez et al., 2009).
Il est alors important de noter que les différents modèles de gestion et de conservation des aires protégées sont étroitement associés aux perceptions exogènes. Ces perceptions reposent majoritairement sur l’ontologie moderne occidentale, importée lors des périodes coloniales et pérennisée par les mécanismes de la coopération internationale (Sarrasin, 2005). Ces derniers contribuent à la mise en œuvre d’un nouvel ordre épistémologique placé en rupture, voire en opposition, avec les systèmes socio-environnementaux des communautés rurales africaines (Opkopo, 2022, p. 32). Il en résulte ainsi souvent à la fois une opposition de représentations entre les acteurs locaux et populations riveraines d’une part et les acteurs internationaux et gestionnaires exogènes d’autre part, mais également un conflit d’usage découlant de ces différentes représentations, amenant à une concurrence pour l’accès et le contrôle des ressources du foncier (Binot et Daou, 2007, §5). Dès le milieu des années 2000, Binot et Daou (2007, §3) font ainsi remarquer qu’il « existe un décalage manifeste entre la rhétorique à laquelle il est fait référence au sein des projets de conservation de la biodiversité (objectifs affichés de développement durable, de participation, de bénéfice aux populations locales) et les actions mises en œuvre sur le terrain par exemple (quelle est la réalité du transfert de pouvoir de gestion des ressources naturelles aux instances locales ?) ». Ce décalage n’est pas sans rappeler la réflexion plus générale d’Olivier de Sardan (2021) sur les importants écarts entre ce qui est prévu et ce qui se passe effectivement dans les projets de développement ou les politiques publiques nationales.
Ces préoccupations ont pourtant été largement mises en avant dès le début des années 2000 par les représentants des communautés riveraines des aires protégées, comme cela a notamment été le cas lors du 5e congrès international des parcs naturels (World Parks Congress en anglais), organisé en 2003 en Afrique du Sud. Ce congrès a abouti à l’adoption d’un nouveau paradigme sur les aires protégées, amenant à des réformes systémiques sur la représentation et l’inclusion des communautés autochtones au sein des programmes internationaux de conservation (Stan, 2014, p. 47-50). Ce nouveau paradigme avait alors pour ambition d’accorder une plus grande considération des communautés riveraines, de leurs droits, de leurs propres objectifs et de leur implication au sein des programmes de conservation de la biodiversité et de l’environnement, et par conséquent de reconcevoir les mécanismes de gestion et de gouvernance des aires naturelles protégées (Stan, 2014, p. 7-8, p. 60-61).
En partant du constat d’échec, ou de superficialité, de ce nouveau paradigme, ainsi que des conflits récurrents opposant communautés riveraines et programmes de conservation, cette introduction au numéro thématique interroge la manière dont, d’une part, la valorisation des normes et pratiques environnementales, sociales et politiques endogènes des communautés riveraines peut contribuer à la conservation de la biodiversité et, d’autre part, leur intégration au sein des processus de gestion des aires naturelles protégées peut favoriser le renforcement des programmes de conservation de l’environnement et l’appropriation des services environnementaux qu’elles peuvent procurer. Par conséquent, les travaux mobilisés dans cette synthèse non exhaustive de la littérature ont été sélectionnés en fonction de leur capacité à traiter à la fois la conservation de l’environnement, les conflits d’usage et/ou l’intégration des communautés riveraines. Les recherches présentées au sein de cet article ont été recensées en fonction des connaissances des auteurs et des résultats des recherches effectuées au travers des plateformes en ligne Google Scholar, Open Edition et des portails de recherche d’institutions universitaires.
Lorsqu’un arbitrage a été nécessaire sur la sélection des recherches, une préférence a été accordée aux travaux effectués dans une démarche de science ouverte, en accord avec la ligne éditoriale de VertigO – La revue électronique en sciences de l’environnement. La majeure partie des études sélectionnées et mobilisées dans le cadre de cette introduction a été publiée au cours des décennies 2000 et 2010. Dans un esprit de concision, cette revue de la littérature capitalise sur les synthèses effectuées par la littérature existante pour restituer l’évolution des débats abordant la conservation de l’environnement et la gestion des aires naturelles protégées depuis la dernière partie du 20e siècle. Cette revue de la littérature intègre également 17 références publiées après 2020. Les auteurs sont conscients de l’important développement de la thématique, à la fois en raison de son attrait scientifique mais également des enjeux majeurs auxquels la biodiversité et l’environnement sont confrontés. En ce qui concerne les recherches portant sur l’Afrique subsaharienne, nous pouvons néanmoins constater une concentration d’études de cas en Afrique australe et en Afrique de l’Est, majoritairement au sein d’espaces anglophones. À l’inverse, ce numéro thématique tente de traiter les enjeux similaires observés en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest et d’effectuer un pont entre les littératures anglophones et francophones.
Bien que s’inscrivant dans une démarche interdisciplinaire, les formations et insertions académiques des personnes assurant la coordination de ce numéro thématique tendent à orienter l’introduction davantage vers une revue des travaux effectués en sciences sociales, politiques, juridiques et de l’environnement, ainsi qu’en géographie humaine, en écologie politique et en études du développement, Ainsi, en adressant plus spécifiquement les enjeux de gestion et les conflits pouvant être associés aux aires naturelles protégées, cette introduction prend en considération, sans toutefois en effectuer une analyse fine, l’influence des programmes exogènes sur les restructurations, voire les hybridations, des structures socio-environnementales, culturelles et politiques, ainsi que des rapports de pouvoir et de domination endogènes aux communautés riveraines, tels que peuvent les mettre en exergue les approches anthropologiques ou ethnobiologiques de la conservation. Cet article mobilise par ailleurs le terme « endogène » ou « autorités endogènes » en accord avec l’usage des chercheurs ouest-africains pour remplacer les appellations « traditionnelles » et « coutumières » jugées comme relatives aux héritages coloniaux et « locales » pouvant renvoyer à l’occidentalocentrisme et aux rapports de domination pouvant encore demeurer dans les pratiques, la production et la diffusion de la connaissance. Si le terme « endogène » peut pour certains constituer un risque de réification ou d’une essentialisation des communautés riveraines, il a toutefois l’avantage de ne pas renvoyer les structures socio-environnementales des communautés riveraines, comme étant figées dans le temps et relevant de la tradition, mais comme une co-construction en constante évolution.
Cette introduction au numéro thématique part ainsi du postulat effectué par les recherches en anthropologie de l’environnement et en ethnobiologie que les sociétés humaines et l’environnement s’influencent mutuellement en tant que co-construction et que même les écosystèmes considérés comme primaires peuvent être le résultat de l’intervention de communautés humaines comme le mettent en avant Descola (2021), Escobar (2018) ou Posey (Penna-Firme et al., 2018) pour certaines communautés autochtones d’Amérique latine. Enfin, cette introduction prend en considération et reconnait l’importance des savoirs et droits immatériels endogènes relatifs à l’environnement et à la conservation de la biodiversité. Il n’est cependant en aucun cas effectué de comparaison ou de jugement de valeur entre les sciences et savoirs dits modernes ou occidentaux et les savoirs endogènes. De même, si une certaine polarisation du débat sur la conservation tend à opposer la sauvegarde de la biodiversité à la défense des droits des communautés riveraines, cet article souligne la nécessité et le bien-fondé des programmes de conservation pour protéger et préserver la biodiversité. Cet article insiste dans un même temps sur l’importance de considérer que la réussite et la pérennité des objectifs de conservation ne peuvent s’effectuer par l’intermédiaire de programmes construits en l’absence ou à l’encontre des populations riveraines habitant et constituant les écosystèmes protégés.
Cette introduction revient dans un premier temps sur les enjeux de cogestion ou de gestion participative des aires naturelles protégées, puis aborde les conflits environnementaux et d’usage que les programmes de conservation peuvent susciter ainsi que l’apport des savoirs et structures socio-politiques endogènes. Nous détaillons par la suite la manière dont les différents articles composant ce numéro thématique contribuent à mieux comprendre les enjeux associés aux aires naturelles protégées au sein des pays d’Afrique francophone. Ces enjeux étant principalement conflictuels, bien saisir les dynamiques qui ordonnent les aires protégées pourrait permettre d'atténuer les conflits d'usage et ainsi faire advenir leur ambition environnementale en valorisant, voire en renforçant, les structures sociales locales.
Les enjeux associés à la gestion communautaire des aires protégées
En Afrique anglophone, majoritairement en Afrique de l’Est et en Afrique australe, la gestion communautaire des programmes de conservation a été conceptualisée sous l’approche des Community Based Natural Resources Management (CBNRM), davantage connue sous le terme générique de conservancy. Ce modèle a été développé en opposition aux approches dites des fortress conservation, une dénomination critique dénonçant les exclusions et prédations environnementales associées aux approches par le haut des programmes de conservation des parcs nationaux et réserves de chasse héritées des périodes coloniales. En parallèle de l’avènement du consensus de Washington et des programmes d’ajustements structuraux, cette approche a émergé dans les années 1990 dans la perspective de réduire les coûts d’opérationnalisation et de décentraliser la gestion des ressources naturelles tout en ouvrant à de nouvelles opportunités économiques pour les communautés rurales pauvres (Brock et Cleavera, 2018, p. 469).
La CBNRM tend désormais à être la principale approche de la conservation en Afrique. Elle renvoie cependant à différentes réalités, modèles de gestion, accords de partage entre bénéficiaires, populations riveraines et gestionnaires et compte autant de succès que d’échecs (Maynard et al., 2019, p. 723 ; Horwich et Lyon, 2007 ; Manfredo, 2008). Il n’y a pas de réel consensus sur les réussites de cette approche en matière de développement des structures socio-économiques locales, ni même sur sa capacité de renforcer l’appropriation et l’intégration des communautés riveraines aux aires de conservation ou sur le transfert des mécanismes de gestion au niveau local (Suich, 2013 ; Morton et al., 2016, p. 397 ; Lewins et al., 2014 ; Riehl et al., 2015 ; Silva et Mosimane, 2012 ; Murphree, 2004 ; Nelson et Agrawal, 2008).
À l’instar de nombreux auteurs (Jones, 1999, 2004 ; Jones et Murphree, 2004 ; Kiss, 1990 ; Western et al., 1994 ; Blaikie, 2006 ; Roe et al., 2009), Suich (2013, p. 1) souligne que si des objectifs de développement et d’opportunités économiques sont associés à la gestion communautaire des ressources naturelles, ce qui inclut les aires naturelles protégées, c’est qu’en Afrique, ces projets interviennent la plupart du temps en milieux ruraux, voire dans des zones périphériques, au sein desquels les populations demeurent largement dépendantes aux ressources naturelles. Dans cette perspective, la gestion communautaire a été promue à la fois pour garantir une meilleure intégration des communautés riveraines dans les programmes de gestion des ressources naturelles et pour amorcer le transfert des droits fonciers ainsi qu’une partie de la gestion des projets de développement à ces communautés tout en développant des opportunités économiques, majoritairement associées au tourisme de conservation et en offrant de nouveaux outils de contrôle territorial au sein d’espaces périphériques ou marginalisés (Dumsile et Maruta, 2020 ; Hulke et al., 2022 ; Morton et al., 2016 ; Berkes, 2004 ; Jones et Waever, 2008 ; Khumalo et Yung, 2015 ; Dressler et al., 2010 ; Fabricius et al., 2013 ; Adams et Hulme, 2001 ; Hulme et Murphree, 2001 ; Igoe et Brockington, 2007 ; Jacobsohn et Owen-Smith, 2003 ; Anderson et Mehta, 2013 ; Jones et Weaver, 2009 ; Sowman et Wyberg, 2014).
Le principe fondamental des CBNRM est de compenser les coûts associés aux exclusions environnementales et à la perte d’accès aux ressources naturelles (abandon des pratiques maraichères, agricoles, pastorales, sylvicoles, de chasse et de pêche) par les gains économiques associés au tourisme de conservation (Heydinger et al., 2022, p. 2 et 7). Cette perspective purement rationnelle ne prend néanmoins pas en compte les dimensions normatives ainsi que les systèmes socio-environnementaux endogènes sur lesquels reposent non seulement les modalités de gestion et d’accès aux ressources naturelles, les structures socio-politiques mais également les pratiques et les savoirs locaux de conservation de la biodiversité (Hill, 1998 ; Moore, 2010 ; van der Ploeg, 2011 ; Hinz 2003). Plusieurs auteurs soulignent que l’application du modèle des CBNRM tend ainsi à altérer les représentations et les modes de gouvernance endogènes au profit de ceux imposés par les acteurs exogènes, ce qui implique non seulement un changement majeur dans les pratiques quotidiennes et modes de vie, mais également une remise en question des accès et intégrations socio-environnementales des communautés riveraines (Khumalo et Yung, 2015, p. 233 ; Sullivan, 2006 ; Büscher et Dressler, 2012 ; West, 2006).
D’autant plus que de nombreuses recherches constatent que les gains économiques issus des CBNRM profitent plus aux économies nationales qu’aux communautés riveraines, pour lesquelles les bénéfices sont presque insignifiants et ne parviennent pas à pallier les manques engendrés par les exclusions environnementales (Morton et al., 2016, p. 397 ; Roe et al., 2009 ; Frost et Bond, 2008 ; Naidoo et al., 2016 ; Muchapondwa et Stage, 2013 ; Samuelsson et Stage, 2007 ; Kirchner et Stage, 2005 ; Leisher et al., 2016 ; Nunan 2006 ; Riehl et al., 2015 ; Turpie et al., 2010 ; Gargallo et Kalvelage, 2021). Dans une revue de la littérature systémique portant sur les impacts des CBNRM en Afrique de l’Est, Galvin et al. (2018) nuancent toutefois cette affirmation en soulignant que des impacts socio-économiques modérés, voire positifs, sont constatés dans au moins 50 % des études de cas analysées. Galvin et al. (2018, p. 8) sont cependant en accord avec l’inégale répartition des bénéfices entre gestionnaires, partenaires économiques privés et communautés riveraines. Galvin et al. (2018, p. 8) renvoient aux travaux de Wainwright et Wehrmeyer (1998), Songorwa (1999), Collomb et al. (2010), Hoole (2010), Kamoto et al. (2013) ainsi que ceux de Silva et Motzer (2015) pour montrer que la majeure partie des bénéfices et des gains économiques est accaparée par les élites locales et nationales, au détriment des populations demeurant dépendantes à l’accès aux ressources naturelles pour leur sécurité alimentaire et économique. En accentuant les dynamiques de prédation et en renforçant les rapports de pouvoir et de domination préexistants, ces programmes dits communautaires tendent à accroître la défiance des populations riveraines et affectent en cela leur appropriation (Galvin et al., 2018 ; Songorwa, 1999; Balint et Mashinya, 2006 ; Jayne et al., 2009 ; Kamoto et al., 2013 ; Mburu et Birner, 2007 ; Suich, 2013 ; Dyer et al., 2014 ; Silva et Motzer, 2015).
Certaines études portant sur les modèles de gestion dits communautaires associés aux CBNRM mettent alors en exergue que les accords de partage et de redistribution des revenus sont déterminés au prorata des possessions foncières des individus, ce qui tend à exclure et minimiser les retombées économiques pour les populations les plus pauvres, les plus vulnérables ou déjà marginalisées. À l’inverse, ces mécanismes d’attribution des bénéfices économiques favorisent les gros propriétaires fonciers et les élites locales et nationales, d’autant plus dans des systèmes socio-environnementaux possédant des régimes fonciers semi-collectifs et où le dépositaire du foncier est souvent issu des structures locales de pouvoir, mais cela davantage dans un rôle de garant de la bonne redistribution de l’accès à la terre et aux ressources naturelles que dans une perspective de propriété nominative (Cavanagh et al., 2020, p. 1606 ; Bedelian et Ogutu, 2017, p. 16 ; Stasja et van Beek, 2017, p. 139). Cette modalité de redistribution des revenus associée aux modèles dits communautaires de conservation de l’environnement ne permet ainsi pas de compenser les pertes occasionnées par les impacts des programmes de conservation sur l’élevage, l’agriculture, la chasse, la pêche ou l’exploitation sylvicole.
Pour les populations ne bénéficiant pas de titres fonciers, ces mécanismes amènent même à une perte directe des sources de revenus sans aucune compensation (Elliott et al., 2014, p. 59 ; Cavanagh et al., 2020, p. 1605 ; Hulke et al., 2022, p. 314 ; Dumsile et Maruta, 2020, p. 2 ; Matseketas et al., 2018 ; Shibia, 2010 ; Gandiwa et al., 2013 ; Gillingham et Lee, 2003 ; Ayivor et al., 2013). En réaction, l’appauvrissement des populations riveraines généré par l’instauration des programmes de conservation pousse les populations les plus précaires, bénéficiant le moins des retombées économiques de l’aire naturelle protégée et donc demeurant les plus dépendantes à l’accès aux ressources naturelles, à accroitre leurs pressions anthropiques sur l’environnement pour survivre, et par conséquent à engendrer des impacts négatifs sur la biodiversité (Oburah et al., 2021 ; Matseketsa et al., 2018 ; Gandiwa et al., 2010 ; Stasja et van Beek, 2017). Comme nous le détaillerons au sein de la section suivante, le manque d’intégration des structures et pratiques socio-environnementales endogènes contribue en effet autant au rejet de la mise en œuvre des programmes de conservation et des contraintes associées, qu’à l’augmentation des conflits d’usage et environnementaux, contribuant à l’accentuation des pressions et dégradations exercées sur l’environnement et la biodiversité.
Conflits environnementaux et intégration des communautés riveraines
Que cela soit en raison d’exclusions environnementales, de violences et de prédations associées au modèle de la fortress conservation (Brockington, 2006 ; Duffy, 2014, 2016 ; Duffy et al., 2019), de conflits d’usage (Dressler et al., 2010 ; Kareiva et Marvier, 2012 ; Kremen et Merenlender, 2018 ; Marris, 2011 ; Andriamasinoro et Sarrasin, 2015) ou de stratégies de contrôle territorial établies par les gouvernements centraux (Diallo 2019, 2022 ; Hubert, 2021), la littérature identifie de nombreuses dimensions conflictuelles associées aux aires naturelles protégées en Afrique, autant en Afrique de l’Est et australe qu’en Afrique de l’Ouest.
Ces dynamiques conflictuelles sont la plupart du temps associées aux enjeux d’accaparement des terres, de pression foncière, de non prise en considération des droits des communautés riveraines, de manque d’intégration de ces dernières aux structures de gouvernance et d’abstraction des systèmes socio-environnementaux endogènes ainsi que d’imposition de nouvelles normes d’accès aux ressources et de régulation de l’environnement (Schetter et al., 2022 ; Lunstrum, 2014 ; Neumann, 2001, 2004 ; Fairhead et al., 2012 ; Holmes, 2014 ; Marijnen et Verweijen, 2016 ; Weldemichel 2020). Les populations exclues ou marginalisées des processus décisionnels et de gestion des programmes de conservation (Maynard et al., 2019 ; McDougall et Banjade, 2015 ; Mburu et Briner, 2007), mais également de l’accès aux ressources naturelles ou à des compensations adéquates (Dumsile et Maruta, 2020), se retrouvent souvent contraintes d’accroitre leurs pressions sur l’environnement pour maintenir leurs conditions de vie et leur sécurité alimentaire (Dumsile et Maruta, 2020 ; Matseketsa et al., 2019 ; Higgins-Desbiolles, 2019 ; Bedelian et Ogutu, 2017). Cette situation engendre des tensions et conflits avec les programmes de conservation. Bien que localisés, ces conflits peuvent dans certaines circonstances s’interconnecter entre eux, voire à des dynamiques conflictuelles de plus large échelle (Deme et al., Bertrand et al., Dervieux, dans ce numéro). Ils conduisent alors à accroitre les pressions anthropiques sur les ressources naturelles et à aggraver davantage les dégradations environnementales que ce qu’elles n’étaient avant la mise en œuvre des programmes de conservation (Hubert, 2021 ; Cavanagh et al., 2020 ; Morton et al., 2016 ; Khumalo et Yung, 2015 ; Mariki et al., 2015 ; Sarrasin 2007).
Ces conflits environnementaux et d’usage, ainsi que le manque d’intégration et d’appropriation des espaces de conservation par les communautés riveraines, sont particulièrement bien documentés en ce qui concerne l’Afrique de l’Est et australe. Dans leur revue systémique de la littérature, Galvin et al. (2018) soulignent en revanche le manque d’études portant sur les aires naturelles protégées et notamment les aires à gestion communautaire dans les régions francophones et plus spécifiquement en Afrique de l’Ouest. Si dans ces régions un certain consensus se dégage, à la fois pour la communauté scientifique et pour les populations riveraines, pour constater les apports indéniables des espaces de conservation en matière de services environnementaux et de protection de la biodiversité, il apparait important d’élargir notre connaissance des potentiels de l’intégration des communautés riveraines des espaces de conservation pour réduire les conflits environnementaux et d’usage ainsi que pour renforcer et valoriser les tissus socio-économiques locaux.
Prenant en considération la multiplication des conflits d’usage et des oppositions croissantes entre communautés riveraines et gestionnaires des programmes de conservation, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et la Convention sur la diversité biologique (CBD) ont affirmé que « les communautés autochtones ont un droit de participer pleinement et de manière effective à la gouvernance des aires protégées », puis ont « appelé les États à inclure les aires protégées gouvernées par les populations autochtones (ICCAs) et celles possédant une gouvernance partagée dans les systèmes nationaux d’aires protégées » (Stan, 2014, p. 69). Si de nombreuses aires protégées gérées par les communautés riveraines ont été par la suite conceptualisées et mises en œuvre, Stan (2014, p. 71-72) souligne que, dans les faits, une infime partie de celles qui réunissent les critères établis par l’UICN sont reconnues par les États comme partie intégrante de leurs réseaux d’aires protégées. Un des principaux freins à la mise en œuvre généralisée de ce nouveau paradigme est la nécessité de transformer les lois, politiques, pratiques et régulations environnementales de chaque pays (Stan, 2014, p. 65).
Ce nouveau paradigme avait également pour ambition de renforcer l’effectivité des programmes de conservation basée sur le concept de CBNRM, et d’en dépasser les premières critiques émises au cours des années 1990 (Stan, 2014, p. 60-61). En effet, bien que mises en œuvre depuis la fin des années 1980, les CBNRM se sont concentrées sur la promotion du développement durable au sein des communautés riveraines des aires protégées afin de contribuer à réduire les pressions anthropiques sur les ressources naturelles. En cela, leurs objectifs initiaux n’étaient pas de transformer la gestion des aires protégées ni de céder leur direction et contrôle aux communautés riveraines (Langton et al., 2005, p. 34, cité par Stan, 2014, p. 61).
Bene et Fournier (2015, §1) précisent également qu’en parallèle, au cours des années 2000, une valeur monétaire a été associée à la notion de services écosystémiques, une évolution qui a fortement marqué les projets de développement et de conservation de l’environnement. Cet aspect a amené à, en partie, percevoir « la conservation de la biodiversité (comme passant) par la compréhension des liens qui existent entre la dynamique de cette biodiversité et les modalités selon lesquelles les humains y accèdent et l’utilisent ». Néanmoins, cette perception demeure d’une part adossée à la régulation par le marché et d’autre part explicitement inscrite dans les ontologies modernes exogènes et n’incluant pas assez les enjeux associés aux représentations et services culturels et cultuels (Bene et Fournier 2015, §2, §32, §34, §34 ; Stan 2014, p. 22).
Pourtant, comme le rappellent Wei et al. (2018, p. 26-27), les aires protégées constituent elles-mêmes des systèmes socio-environnementaux spécifiques incluant des structures et systèmes certes écologiques, mais également sociaux, culturels et politiques. Les auteurs soulignent en cela que « de nombreuses activités ont été interdites dans les aires protégées, ce qui n’engendre pas uniquement une restriction d’accès à des services environnementaux (incluant les espaces de pâturages, la chasse ou le ramassage du bois), mais peut aussi générer de la pauvreté et des conflits sociaux et renvoie à l’ignorance de l’importance du rôle des communautés locales dans la gestion des écosystèmes et de la biodiversité » (Wei et al., 2018, p. 26-27).
Ainsi, si le principe de gouvernance partagée est inscrit comme composante centrale du nouveau paradigme porté à la fois par l’UICN et la CBD, ses différentes modalités de mise en œuvre varient considérablement et demeurent toujours dépendantes des législations nationales et des pratiques de partenaires exogènes (Stan, 2014, p. 76). Une situation qui amène Stan à affirmer que si « la gouvernance partagée des aires protégées est souvent dépeinte comme un partenariat égalitaire, en pratique les États et les ONG refusent souvent de partager leur pouvoir de manière équitable avec les communautés autochtones » (2014, p. 76).
Ces constats sont partagés par plusieurs chercheurs, sur l’ensemble du continent africain, et mis en évidence par l’intermédiaire de nombreuses études de cas. En abordant la gestion participative des forêts en Afrique centrale, Daou et al. soulignent par exemple que l’échec de la gestion participative est autant structurel que politique. Ils affirment notamment que « les conditions dans lesquelles les populations « bénéficiaires » de ces politiques sont gouvernées s’inscrivent dans des continuités historiques colonialistes, néo- et post colonialistes difficilement en phase avec les intentions et les ambitions égalitaristes et vertueuses de l’approche participative » (Daou et al., 2014, §4). Ces auteurs mettent alors l’emphase sur les logiques et stratégies d’acteurs détournant ou contournant les cadres de la gestion participative ainsi que sur la perception et l’appropriation des structures de gouvernance par leurs bénéficiaires théoriques. Ils précisent notamment que « partout, le mode de gouvernance participative induit des enjeux locaux fonciers, d’accès aux ressources et de représentativité, ainsi que des équilibrages dans les communautés villageoises entre les personnes qui s’approprient le processus et celles qui ne réussissent pas à se l’approprier, soit entre dominants et dominés » (Daou et al. 2014, §18). Ainsi, bien que revendiqué participatif, ce mode de gestion entraîne toujours « un accès inégal à la terre et à ses ressources » ainsi que « des conflits relativement importants dans les communautés rurales » (Daou et al., 2014, §19).
Des conclusions similaires sont observées par Mudinga et al. (2008) en ce qui concerne la cogestion et l’intégration des communautés riveraines du Parc National de Kahuzi Biega en République Démocratique du Congo. Les auteurs observent notamment l’absence « d’une dynamique locale dont la population a la maîtrise et où elle se reconnaît comme étant le propriétaire ou l’initiateur » de la gestion participative (Mudinga et al., 2008, § 52). Ils précisent que « les populations locales ne s’y identifient pas du tout et l’interprètent surtout comme une structure inféodée à l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Le rôle et le pouvoir des populations restent symboliques alors que toute la politique de fonctionnement est dictée par l’ICCN, tous les moyens financiers et le style de management étant l’émanation de ce dernier » (Mudinga et al., 2008, § 61).
À l’inverse, une cogestion effective devrait être en mesure de promouvoir le partage de connaissance, d’expérience, d’implication et de considération entre les communautés riveraines et les opérateurs exogènes des aires naturelles protégées. Cela devrait notamment amener à la constitution de savoirs, et d’objectifs partagés (Stan, 2014, p. 76-77). Malheureusement la littérature s’accorde sur le fait qu’un « réel partage de pouvoir et une réelle reconnaissance des droits des communautés autochtones demeurent relativement rares » (Stan, 2014, p. 76). Stan (2014, p. 303) précise en cela que le principe de « gouvernance partagée peut être épistémologiquement problématique lorsqu’il échoue à considérer et respecter les représentations et les connaissances des populations autochtones » et qu’il peut à l’inverse contribuer à développer des visions exogènes en mobilisant un discours d’autorité établie sur la proclamation de supériorité du savoir occidental moderne et positiviste en matière de conservation.
De nombreux auteurs, par exemple Stan (2014, p. 3-4), Daou et al. (2014, §18), Mudinga et al. (2008, §61), Bocarejo et Ojeda, (2016), Brockington et Igoe (2006) ou encore Duffy (2014) ou Holmes (2014), rappellent que dans le Sud global, et plus spécifiquement sur le territoire africain, la plupart des espaces de conservation sont développés au sein de territoires autochtones et constituent souvent des mécanismes de domination et d’appropriation territoriale mis en œuvre par les autorités centrales. Dans cette perspective, les populations riveraines sont souvent dépossédées de toute capacité de s’autogérer, selon leurs propres représentations de l’environnement, leurs propres intégrations socio-environnementales et leurs propres objectifs. Stan affirme en ce sens que « ce n’est pas une surprise si tant de communautés autochtones considèrent les aires protégées comme une menace à leur bien-être et les dénoncent comme des dynamiques coloniales violant les droits de la personne » (Stan, 2014, p. 3).
Ainsi, en dépit de l’appropriation de ce nouveau paradigme porté par la coopération internationale, les communautés riveraines, leurs savoirs, leurs droits et leurs systèmes socio-environnementaux demeurent toujours exclus de la gestion des aires protégées et des programmes de conservation (Stan, 2014, p. 7 ; Binot et Daou, 2007, §1). Binot et Daou (2007, §13) notent en ce sens que « le montage des projets de conservation ou d’exploitation durable d’une façon plus générale révèle clairement que la notion de « populations locales » à laquelle il est fait référence recouvre une conception stéréotypée ; la vision institutionnelle étriquée des « populations locales » qui prévaut depuis des décennies dans le domaine de la coopération au développement ne traduit pas la complexité de la réalité ».
Wei et al. (2018, p. 27), ainsi que Rampheri et al. (2022, p. 770), insistent donc sur l’importance d’établir un équilibre entre les impératifs de la conservation de la biodiversité et le bien-être, ainsi que le niveau de vie des communautés riveraines, qui sont le plus souvent exposées à des coûts élevés associés au développement des aires protégées, faiblement intégrées aux activités de conservation et donc sujettes à des appréhensions négatives à leur encontre. La plupart du temps, les communautés riveraines tendent en effet à témoigner non seulement leur manque de connaissance du rôle des organes de gestion de l’aire protégée, mais également leur non-intégration à ces mêmes organes ou aux opportunités économiques et aux emplois associés aux programmes de conservation. Une situation qui accentue alors la rupture et les conflits entre d’une part les parties prenantes exogènes, ainsi que parfois les élites endogènes cooptées, et les populations riveraines, notamment celles préalablement marginalisées au sein de ces territoires (Rampheri et al., 2022, p. 775).
Comme le notent Binot et Daou (2007, §11), « la sphère de l’autorité coutumière est incontournable sur le terrain en matière de règles d’usage des ressources naturelles et de gestion du foncier ». Les auteurs font alors remarquer qu’il n’est pas rare que les structures socio-politiques endogènes entrent en contradiction avec les lois nationales modernisant l’accès au foncier et généralisant la propriété exclusive. Une perspective confirmée par Hubert (2021) lors d’une étude portant sur les enjeux conflictuels associés à la Réserve de chasse présidentielle de Pama et la zone d’intégration du parc national d’Arly au Burkina Faso, et plus généralement par Boche et al. (2023) sur les contradictions entre les pratiques et les politiques nationales foncières en Afrique subsaharienne. Binot et Daou (2007, §11) font alors remarquer que lors de la mise en œuvre de projets de conservation, le « "contournement" des ayants droit coutumiers est […] à l’origine de blocages récurrents, conflits, […] de la part des populations vis-à-vis des agents de la conservation ». Une perception partagée par Kujirakwinja et al., (2013, §47) et un constat qui amène Kasisi (2012, §41) à affirmer que « le respect de la diversité biologique (devrait impliquer) le respect de la diversité humaine. L’un et l’autre sont des éléments fondamentaux pour leur conservation mutuelle. Créer des formes de développement durable, en harmonie avec les besoins et les aspirations de chaque culture, exige d’abandonner des modèles qui s’attaquent fondamentalement aux vies et aux perspectives de ces cultures ». Cette approche est néanmoins nuancée par Kohler (2011) qui y perçoit un ancrage et une démarche davantage politique que scientifique, à l’instar de certaines critiques portées contre l’approche ethnoécologique construite par Posey autour de l’étude des communautés Kayapó au Brésil et défendant une approche par le bas et co-construite de la conservation de l’environnement (Penna-Firme et al., 2018)
La prise en considération des structures et pratiques socio-environnementales endogènes, autant dans la conception que dans la mise en œuvre des programmes de conservation de la biodiversité, pourrait ainsi avoir la capacité d’ouvrir à une meilleure appropriation des aires naturelles protégées par les communautés riveraines, à la valorisation des tissus socio-économiques locaux et à la réduction des conflits d’usage suscités par les aires naturelles protégées. Cette prise en considération pourrait également conduire à une plus grande implication des communautés riveraines au sein des organes de gestion des espaces de conservation, voire à la co-constitution ou à la cogestion d’aires naturelles protégées. Comme nous l’aborderons au sein de la prochaine section, la prise en considération des structures socio-environnementales endogènes permettrait également une plus grande considération et valorisation des savoirs locaux, notamment en matière de gestion et de protection de l’environnement, permettant autant la co-construction des savoirs et de la science que la décolonisation des programmes de coopération internationale axés sur la gestion des ressources naturelles.
Droits immatériels de l’environnement et savoirs endogènes
Okpoko (2022, p. 21-23), Runge et al. (2020), Behrens (2018), Chimakonam (2018), Udowole et Fayemi (2018), ou encore Issifu (2018) soulignent que les systèmes socio-environnementaux endogènes en Afrique reposent sur des ontologies holistiques non modernes particulièrement interconnectées aux forêts et à l’environnement. Dans cette perspective, l’environnement n’est pas uniquement perçu comme pourvoyeur de ressources ou d’habitat pour les êtres humains, mais également comme acteur possédant ses propres vies et esprits qui assurent le cadre de vie de l’ensemble des espèces vivantes attachées à la forêt. Okpoko (2022, p. 23) s’appuie notamment sur Densu (2017, p. 34) pour rappeler que l’un des principaux défis des sociétés subsahariennes a été d’adapter leurs pensées et pratiques à la modernité occidentale et la mise en œuvre des modalités de relation à l’environnement et de gestion des ressources naturelles qui y sont associées, mais qui entrent en contradiction avec les systèmes socio-environnementaux endogènes.
Kasisi rappelle l’hermétisme des programmes de conservation aux savoirs locaux et endogènes qui ont pourtant prévalu pendant des siècles sur ces territoires, avant l’imposition des approches modernes et positivistes de la conservation, relevant principalement des sciences naturelles (Kasisi 2012, §43). Bene et Fournier (2015, §3) insistent de même sur le fait que « le jugement de valeur accordé par une société à certains éléments de la nature n’est pas indépendant du mode de vie et de la culture de ses membres. Il découle d’une perception de l’environnement naturel et, plus généralement, d’une représentation du monde qui sont particulières à cette société ».
Roué et Bahuchet (2014, §5) soulignent dans cette perspective qu’accorder une plus grande attention aux savoirs locaux et autochtones permettrait de renforcer les initiatives de cogestion ou de gestion participative. Ils définissent ces savoirs comme à la base des modèles de gestion endogène et « permettant aux sociétés locales de penser et d’agir sur le monde naturel ». Ils soulignent que « toute proposition de conservation se doit donc de tenir compte de ces savoirs, tant pour des raisons éthiques que par souci d’efficacité » (Roué et Bahuchet 2014, §11). Une définition complétée par Kimengsi et Mukong (2023, p. 1580) qui décrivent les institutions culturelles endogènes comme « des règles informelles qui sont développées au sein des communautés et transférées d’une génération à une autre, par l’intermédiaire de normes, de valeurs et de croyances ».
Cette considération des savoirs et normes endogènes apparait être d’autant plus primordiale qu’en Afrique, les normes de régulation et de gestion de l’environnement ont été établies par des institutions exogènes qui les ont volontairement négligées et ont contribué à l’érosion, voire l’hybridation des structures socio-politiques endogènes (Kimengsi et Mukong, 2023, p. 1579-1580). Pourtant, comme le soulignent Langton et al. (2014, p. 85), pour les communautés riveraines et autochtones, « les préoccupations à propos de la préservation et du maintien des savoirs traditionnels sont non seulement motivées par le désir de protection de la biodiversité comme une fin en soi, mais aussi par le désir de vivre sur leurs terres ancestrales, de préserver leur sécurité alimentaire et, autant que possible, de maintenir une autonomie locale en matière économique, culturelle et politique ».
Dans cette perspective une plus grande considération et inclusion des structures socio-politiques endogènes permettrait non seulement de renforcer l’appropriation des programmes de conservation par les communautés riveraines, mais également d’en accroitre la portée tout en réduisant les conflits d’usage ou les conflits découlant des oppositions d’ontologie. Mashingaidze (2016, p. 29), ainsi que Kimengsi et Mukong (2023, p. 1593), rappellent en effet que de nombreuses études ont mis en avant le rôle des tabous et interdits dans la régulation d’usage des forêts, y compris dans la périphérie des aires protégées africaines, mais aussi dans le façonnement de la relation à l’environnement et de l’utilisation des ressources naturelles.
Mashingaidze (2016, p. 27) précise que « les pratiques et traditions africaines mettent l’emphase sur les connexions très étroites entre le monde du vivant et le cosmos », autrement dit le monde des humains, le monde invisible et l’environnement. En décrivant le système socio-environnemental d’une communauté rurale de l’ouest du Burkina Faso, Bene et Fournier (2015, §17) expliquent que le territoire des communautés est constitué par une cohabitation, une superposition entre le monde visible (les êtres humains, la faune et la flore) et le monde invisible dont l’équilibre garantit « la paix et la quiétude dans le village ainsi que la suffisance alimentaire des habitants » (Bene et Fournier, 2015, §17). Ces pratiques amènent ainsi à établir des protections strictes autour de l’accès et l’utilisation de la flore et de la faune qui effectuent le lien avec le monde invisible (Bene et Fournier, 2015, §22). En étudiant les pratiques d’agroforesterie des communautés rurales du nord du Togo et du Bénin, Vodounou (2020, p. 97) souligne que les approches endogènes permettent de maintenir une utilisation raisonnée des ressources naturelles à même de renforcer la biodiversité et de maintenir des microclimats favorables à son maintien tout en améliorant l’apport d’eau et de nutriments pour les cultures.
Artaud (2014, §23) souligne de la même manière l’importance des droits endogènes de l’environnement en matière de conservation et notamment le rôle des interdits, espaces sacrés et tabous associés aux spiritualités et ontologies endogènes. Artaud (2014, §23) précise cependant la difficulté de mobiliser ces pratiques en dehors de leurs contextes symboliques et de leurs possibles altérations et affaiblissements lors de leurs intégrations au sein d’autres corpus normatifs et rappelle que « toute la difficulté consiste donc à se demander comment pérenniser un système de valeurs qui échappe à toute formalisation » (Artaud 2014, §23). Pour Kasisi (2012, §51), il apparait néanmoins possible d’adapter certaines pratiques endogènes aux programmes de conservation, ce qui pourrait « contribuer à la protection et l’utilisation durable des ressources » si ces dernières s’intègrent dans les systèmes socio-environnementaux et pratiques cultuelles endogènes. Il est d’autant plus important d’intégrer les pratiques et savoirs endogènes que, comme le rappellent Kujirakwinja et al. (2013, §38), Langton et al. (2014, p. 103), ou encore Bene et Fournier (2015, §1), les communautés riveraines des aires naturelles protégées seront d’autant plus enclines à contribuer à la conservation de la biodiversité et des systèmes écologiques qu’elles les jugent utiles, importantes et contribuant à leurs bien-être et structures socio-environnementales.
Il apparait ainsi déterminant pour l’appropriation locale et la réussite des programmes de conservation d’impliquer de manière soutenue les communautés locales et leurs savoirs environnementaux (Mashingaidze, 2016, p. 32 ; Friedberg, 2014, §1-3). D’autant plus que, comme le souligne Stan (2014, p. 304), les oppositions épistémologiques résultant des différentes interprétations socio-environnementales constituent des barrières majeures à la participation effective des communautés riveraines dans la gouvernance et le contrôle des programmes de conservation, ce qui en retour accroit la rupture et l’incompréhension avec les parties prenantes exogènes, autant nationales qu’internationales. À l’inverse, autant Stan (2014, p. 15), Okpoko (2022, p. 28) que Friedberg (2014, §1-3) insistent sur l’importance de comprendre les motivations des communautés riveraines ainsi que les pratiques endogènes permettant de contribuer à la conservation de leurs environnements, même si ces dernières ne s’inscrivent pas dans les mêmes démarches épistémologiques et de rationalité que les acteurs internationaux impliqués dans la conservation de la biodiversité.
Stan (2014, p. 298) conclut en ce sens que « la gouvernance partagée des aires protégées peut devenir un moyen pour les populations autochtones de gagner un plus grand pouvoir décisionnel sur leurs propres territoires et vies, de sécuriser leurs droits et de développer de nouvelles relations avec l’État », et par cela contribuer à développer de meilleures pratiques afin de renforcer l’effectivité des programmes de conservation, de protection des droits des communautés riveraines et de réconciliation sociale. Des perspectives la plupart du temps entravées par des systèmes de gouvernance défaillants, des arrangements internes au processus décisionnel, ainsi que par les enjeux de contrôle territorial et les dynamiques de pouvoir imbriqués dans la mise en œuvre des aires protégées.
C’est dans cette perspective de gouvernance partagée que Boche et al. (2023) analysent les communs de la terre qui se structurent progressivement, de façon à répondre aux multiples défis sociaux, économiques et écologiques auxquels les sociétés rurales d’Afrique subsaharienne doivent faire face. Ces communs de la terre et des ressources naturelles sont des formes instituées, qui adoptent une perspective fonctionnelle des rapports fonciers par les usages et qui définissent, dans de nombreuses situations, les règles locales de régulation de l’accès à la terre et aux ressources naturelles. Les auteurs concluent que « compte tenu de la nature des États en Afrique subsaharienne, seules les populations locales ont un intérêt dans de nombreuses situations à préserver les ressources naturelles sur le long terme. Elles ne peuvent néanmoins le faire que dans la mesure où elles gardent la capacité à définir et faire appliquer leurs règles collectives de fonctionnement dans un cadre institutionnel clair et appuyé par l’État. […] Dans ce contexte, l’enjeu est d’établir les bases d’une gestion et d’une mise en valeur négociées impliquant les participants aux communs de la terre et des ressources naturelles, les acteurs publics et l’investissement privé. » (Boche et al., 2023, p. 64).
Afin de mieux saisir les mécanismes permettant de renforcer l’appropriation des programmes et espaces de conservation de la biodiversité par les communautés riveraines, ce numéro thématique cherche à mieux comprendre d’une part les enjeux conflictuels associés aux aires naturelles protégées et d’autre part leur potentiel en matière de gestion des conflits environnementaux et d’usage ou encore de renforcement et de valorisation des tissus socio-économiques locaux. Pour cela, répétons qu’il est nécessaire de renforcer l’étude des phénomènes similaires observés en Afrique francophone (Galvin et al., 2018). En Afrique de l’Ouest comme en Afrique centrale, la littérature abordant ces enjeux s’accorde autour d’une part d’un net recul de la biodiversité et de l’accentuation des pressions anthropiques sur les espaces de conservation et d’autre part de nombreux conflits locaux suscités par l’encadrement et la gestion des aires naturelles protégées. En ce qui concerne plus spécifiquement l’Afrique de l’Ouest, de plus en plus d’études soulignent les liens et interconnexions entre les conflits locaux associés aux aires naturelles protégées et la propagation des violences et mécanismes conflictuels asymétriques observés au Sahel et dans le nord des pays du Golfe de Guinée (Ranieri, 2020, 2024, Kyale et al., Bertrand et al., Dervieux, dans ce numéro).
Un corpus d’articles pour appréhender les enjeux conflictuels associés aux aires protégées en Afrique de l’Ouest
Il apparait ainsi d’autant plus important d’élargir notre connaissance des facteurs conflictuels associés aux aires protégées qui contribuent à l’accentuation des pressions exercées sur les espaces de conservation et la biodiversité que le manque de compréhension de l’intégration socio-environnementale des espaces de conservation au sein de leurs communautés riveraines pourrait contrevenir à leur objectif initial en accentuant les pressions sur l’environnement. Le corpus d’articles présenté dans le cadre de ce numéro thématique appréhende spécifiquement ces problématiques sous différents prismes disciplinaires en sciences sociales. Dans un premier article, Tamidribe et al. partent de l’étude de cas de la Réserve de Biosphère de Yangambi (RBY), en République Démocratique du Congo (RDC), pour interroger la manière dont les discours et politiques associés à la lutte contre les changements climatiques influent sur les programmes de conservation et leur mise en œuvre au sein de pays en développement. Les auteurs mettent cependant en avant le décalage entre les objectifs revendiqués par la RBY et la faible appropriation par les communautés riveraines, qui estiment être mises à l’écart du processus de mise en œuvre et dépossédées de leurs terres. Dans une perspective analogue, Dème et al. interrogent les défis de l’intégration communautaire au sein des programmes de conservation de la biodiversité. En prenant pour étude de cas le site Ramsar du complexe lagunaire de Keta Lagoon, au Ghana, les auteurs mettent en avant l’identification par les communautés riveraines des menaces causées par les pressions anthropiques et les changements climatiques, à la fois sur leurs structures socio-économiques et l’environnement. Cette recherche souligne pourtant que ces mêmes communautés ne demeurent que faiblement informées des objectifs et réglementations associés à l’aire naturelle protégée dont elles sont riveraines. Au sein d’une autre étude portant sur la RDC, Kyale et al. analysent quant à eux les pressions anthropiques, notamment en raison de l’orpaillage, au sein de la réserve de chasse de Bili-Uéré. Les auteurs soulignent la manière dont la précarité et les besoins de subsistance des populations renforcent le contournement des législations nationales et accentuent la pratique de l’orpaillage, et cela au détriment des espaces de conservation.
Muteya et al. utilisent une approche cartographique couplée à des outils d’analyse de l’écologie du paysage pour évaluer la dynamique paysagère des forêts primaires du Parc national de la Salonga (PNS) en RDC, considéré comme le plus grand parc forestier d’Afrique. Les auteurs constatent que bien que la forêt primaire demeure dominante dans la matrice paysagère, elle tend à se dégrader en faveur de forêts secondaires et de champs-habitats. Ils encouragent les gestionnaires du PNS à intégrer des modèles économiques favorisant la diversification des sources de revenus. Les travaux portés par Kikpa et Guera cherchent à mieux comprendre les facteurs sociaux contribuant à la dégradation continue de la forêt classée de l’Alibori supérieur, au Bénin. Les chercheurs mettent notamment en avant le contournement des programmes de conservation par certains acteurs, associés aux autorités locales ou aux structures d’exploitation des réserves ligneuses, ainsi que les différentes stratégies de rente associées aux aires naturelles protégées. Les auteurs constatent de même que les réglementations étatiques ont renforcé en parallèle les clivages entre les différents usagers et ont accéléré la dégradation des ressources naturelles. Les auteurs appellent alors au renforcement de la compréhension des systèmes socio-environnementaux endogènes pour mieux comprendre les conflits d’usages associés aux aires naturelles protégées.
En soulignant l’accentuation des conflits associés aux aires naturelles protégées en RDC, Mangabu étudie en ce sens le droit à la terre des peuples autochtones riverains du Parc national de Khuzi-Biega (PKNB) et met en lumière que la valorisation des structures socio-environnementales endogènes ainsi que la gestion participative des programmes de conservation intégrant les droits endogènes et les savoirs locaux permettraient de maintenir les communautés riveraines au sein des aires de conservation tout en renforçant leurs accès aux biens publics de base, comme l’éducation et la santé. Il ne s’agit néanmoins pas du modèle actuellement dominant au sein des programmes de conservation, que cela soit en RDC ou sur le reste du continent africain. Dervieux le met malheureusement en exergue en étudiant la pérennisation des pratiques coercitives associées aux programmes de conservation au sein du parc national zimbabwéen de Hwange. L’auteure adopte une approche ethnographique pour appréhender la construction d’une hiérarchie entre des conflits passés sous silence (occupation de terres, revendications d’accès aux espaces protégés et aux anciennes fermes coloniales) et des conflits qui, selon son analyse, ne le sont pas (conflits humain-faune). Cette persistance de pratiques coercitives ou d’accaparement des terres et des ressources par les programmes de conservation est également au cœur de la réflexion portée par Bertrand et al., qui, en s’appuyant sur plusieurs décennies d’expérience au sein de la coopération internationale et la mise en œuvre de programmes de conservation à Madagascar, appellent à refondre le modèle de la conservation autour des droits et pratiques endogènes des communautés riveraines autochtones.
Enfin, les recherches menées par Gnanguenon et Mossi sur la partie béninoise du Parc W mettent en avant la manière dont les agendas, les intérêts et les enjeux (local, national, régional et international) amènent à la constitution de nombreuses formes de gouvernance locales, nationales ou régionales, recelant des enjeux de pouvoir qui dépassent la simple question environnementale. Se plaçant également à une échelle régionale, Dème et al. questionnent les cadres actuels de gestion des pêcheries dans l’écorégion des pays de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP). Au-delà de la compétition pour l’accès aux ressources, les auteurs mettent en avant différents facteurs qui concourent au renforcement des conflits dans les pêcheries artisanales de la CSRP : des facteurs structurels (influence des industries extractives, extensions des Aires marines protégées et politiques de gestion perçues comme inéquitables) et des facteurs interactionnels (rivalités internes, frustrations face aux inégalités technologique et incertitudes liées au changement climatique).
Appendices
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