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Sexualité et société[Record]

  • Gérard Wormser,
  • Marie-Carmen Garcia,
  • Émilie Valantin,
  • Serge Wunsch and
  • Patrick Wald Lasowski

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  • Gérard Wormser

  • Marie-Carmen Garcia

  • Émilie Valantin

  • Serge Wunsch

  • Patrick Wald Lasowski

  • Transcription du débat
    Aurélie Belleville

Gérard Wormser (Sens Public) – Le débat de ce soir est consacré à « sexualité et société », autour du spectacle créé par Émilie Valantin, à partir de textes de La Fontaine. Émilie Valantin prendra la parole en premier pour nous en parler. Patrick Wald Lasowski, spécialiste de la culture de la langue et du plaisir, deux termes associés dans le titre de son prochain ouvrage, La langue du plaisir au siècle des Lumières interviendra ensuite. Marie-Carmen Garcia, sociologue à l’université Lyon II, développera alors certains des thèmes de son travail, qui porte actuellement sur la question des relations de couple. Serge Wunsch, enfin, exposera quelques éléments liés à la question du renforcement culturel et psychique caractérisant les comportements sexuels. Émilie Valantin – La Courtisane amoureuse, titre d’une nouvelle en vers de La Fontaine donne le titre du spectacle en général. Elle fait partie des 70 contes parmi lesquels il a fallu choisir ceux qui pouvaient se jouer en une heure et quart environ, temps qui pour un spectacle de marionnettes m’a toujours paru un format satisfaisant. Et en une heure et quart tiennent à peine cinq contes. La Courtisane amoureuse est un des rares contes de La Fontaine qui parle de l’amour en termes extrêmement élogieux et positifs, l’amour même permettant de transgresser les hiérarchies sociales : la courtisane tombe amoureuse d’un jeune aristocrate et va l’épouser non sans quelques moments difficiles. La Servante justifiée a attiré mon attention depuis très longtemps. Je l’ai joué il y a une vingtaine d’années dans un autre spectacle, dans un autre montage de textes. C’est une histoire d’adultère : un mari s’en tire bien puisqu’il va lutiner sa servante – non seulement lutiner mais carrément la « sauter » dans le jardin très tôt le matin – ; une méchante voisine les voit, il s’en aperçoit, renvoie la servante, va chercher sa femme qui, étonnée, est invitée à aller dans le jardin cueillir des fleurs. Elle est à son tour lutinée, aimée. L’après-midi, lorsque la femme et la voisine se voient, la voisine pense dénoncer le mari et la femme lui dit « mais non, c’était moi ». Voilà une situation où La Fontaine donne quitus à un mari, ce qui est tout à fait typique des contes d’adultère. Dans les 70 contes de La Fontaine, on peut y lire des contes d’amour. Par exemple, dans Le Faucon, ou Le Calendrier des vieillards, l’amour est sublime et respectable. On ennoblit les personnages, on est au-dessus des conventions sociales. De même dans La Courtisane amoureuse, Le Magnifique. La plupart des contes sont des situations d’adultère où ce qui importe le plus n’est pas l’adultère en lui-même mais la malice déployée pour arriver à le pratiquer sportivement. Dans La Gageure des trois Commères, trois commères se réunissent. Ce conte ressemble à ce qu’était autrefois dans les textes du 17e siècle, Les Caquets de l’accouchée  : des femmes déjà un peu bourgeoises, un peu huppées, se réunissent autour du lit d’une accouchée pour se raconter des histoires grivoises, gauloises, des histoires de lit. La Gageure des trois Commères est un petit peu comme cela. Nous avons adapté deux histoires de ce conte : Le Poirier (titre inexistant dans La Gageure), qui vient de Boccace et d’une vieille tradition moyenâgeuse, et Le Jouvenceau déguisé en servante, conte d’origine plus populaire. Le dernier conte choisi fait partie des contes féériques. Il se déroule à la Cour, comporte des descriptions qui sous-tendent un univers extrêmement rutilant, riche. On sent que La Fontaine pense, entre autre, à Versailles. Un psychanalyste a écrit que les …

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