Abstracts
Résumé
L’apport des théories sur la mémoire sociale renouvelle considérablement l’approche de l’historiographie chrétienne, en particulier l’oeuvre lucanienne (Évangile et Actes des apôtres). Elles expliquent comment, après la crise des années 60 où la chrétienté a perdu ses figures apostoliques de référence, la production d’écrits est devenue une nécessité en vue de stabiliser l’identité des communautés croyantes. L’auteur ad Theophilum rédige une historiographie kérygmatique, où le kérygme devient récit et où la tradition apostolique fait histoire. On décèle ici le passage d’une religion de conversion (Paul) à une religion de tradition. Trois indices peuvent être relevés : la gestion du titre d’apôtre, le statut normatif conféré à l’enseignement apostolique et la figure de Paul érigée en modèle.
Abstract
Theories on social memory have greatly contributed to renew how to approach Christian historiography, particularly Luke’s work (Gospel and Acts). They explain how, after the crisis of the sixties, which saw the disappearance of many apostolic figures, writing became imperative in order to stabilize the believing communities’ identity. The author of Ad Theophilum writes a kerygmatic historiography, in which the kerygma forms the narrative and apostolic tradition becomes history. Passage from a religion of conversion (Paul’s) to a religion of tradition can be detected. Three hints point to that: the way the title of apostle is used, the normative status given to apostolic teaching and the figure of Paul presented as a model.