Abstracts
Résumé
Le conflit en ex-Yougoslavie a mobilisé la communauté internationale dont la réaction a notamment consisté en l’envoi de casques bleus sous l’égide de l’ONU. Très vite, les forces onusiennes ont été confrontées à de sérieuses limites en ce qui a trait à leur capacité à mener à bien leur mission.
Le mandat des missions de maintien de la paix déployées fut élargi : de force strictement neutre sur le terrain, les casques bleus se sont vus confier des tâches par lesquelles ils ont tenter de briser le cycle des violations en chaîne du droit humanitaire dont la population était l’objet. C’est ainsi qu’ils durent protéger les populations civiles, rouvrir un aéroport et assurer la sécurité des convois d’aide humanitaire. Parallèlement à cet élargissement de leur mandat, remarquable sur le plan conceptuel, le Conseil de Sécurité a permis une expansion de leurs moyens d’action, notamment de leur capacité coercitive, pour s’assurer de briser le statu quo sur le terrain. De plus, l’ex- République yougoslave de Macédoine a accueilli sur son territoire le premier déploiement militaire préventif qu’ait fait l’ONU. Il s’agit là d’une autre façon de marquer le renouveau conceptuel dont les missions onusiennes sont l’objet.
Est-ce que ces changements sont appelés à perdurer ou à ne constituer qu’une parenthèse dans l’histoire onusienne ? Il s’agit assurément d’un moyen intéressant d’obtenir que les missions onusiennes puissent accomplir leur mandat dans le respect et la collaboration de la part des belligérants. De plus, il importe de réinscrire le rôle des casques bleus dans la réalité des conflits modernes, soit des conflits internes. En ce sens, l’expérience yougoslave est une source d’apprentissage sans commune mesure. Il faut cependant admettre que l’incertitude et l’imprécision nées de la fluctuation des mandats confiés a coûté beaucoup aux casques bleus. C’est cette incertitude qu’il importe désormais de lever.
Abstract
The conflict in former Yugoslavia has forced the international community to react, namely by sending UN Blue Helmets. Soon after their deployment, the UN missions faced serious limits to their capacity to carry on their tasks.
Their mandate was enlarged: from a strictly neutral presence on the field, UN Blue Helmets were called to perform tasks through which they tried to break the on-going violations of humanitarian law that the local population suffered. Thus they were asked to protect civilians, to take back the control of an airport and to ensure the safety of humanitarian aid convoys. Together with the enlargement of their mandate, the Security Council has authorized an expansion of the means that UN Blue Helmets can avail themselves of, namely the use of force, in order to break the status quo on the field. Moreover, the former Yougoslav Republic of Macedonia has seen on its territory the first preventive UN mission of a military caracter. This also marks the conceptual renewal of UN peacekeeping missions.
Do these changes provide a long term perspective or are they just a clumsy step in the attempt to adapt UN missions to the realm of today’s conflicts? It obviously constitutes an interesting way for peacekeepers to enforce their mandate and to obtain both respect and cooperation from the struggling parties. Moreover, this new vision is more adapted to a mission in an internal conflict. In this way, the Yugoslav experience is a wealthy source of learning. Uncertainty and imprecision coming from the numerous and substantial changes of the Blue Helmets’ mandates have however been major hindrances in the pursuit of these mandates. Uncertainty now constitutes the primary target in order to successfully complete the conceptual shift needed to make UN peacekeeping efficient in today’s conflicts.