Abstracts
Abstract
The focus of this paper is to examine how collective bargaining has attempted to cope with the problems of worker displacement and how these developments might indicate future trends in union-management relations as well as the limitations of collective bargaining.
Résumé
L'adaptation aux changements technologiques n'est pas un sujet nouveau. La hausse du chômage de 1957-60 et le développement technologique ont amené ce débat, il y a déjà dix ans. Les économistes ont discuté le rôle relatif des facteurs structurels et de l'insuffisance de la demande aggrégative comme cause majeure de ce chômage. Les keynésiens ont prôné des politiques fiscales et monétaires, les structuralistes ont avancé des politiques de main-d'oeuvre comme solutions à ce problème, tandis que d'autres remettent en question la situation en suggérant l'approche de la société des loisirs.
Nous n'avons pas l'intention de régler ces vastes questions ici. Nous faisons l'hypothèse que l'emploi rémunéré va continuer à jouer un rôle important dans notre société et que les changements technologiques et autres vont continuer à causer des déplacements de main-d'oeuvre. Le but de cet article est double : d'abord, examiner comment la négociation collective a traité ce problème de déplacement ; ensuite, voir quel genre de tendance les changements mentionnés peuvent inculquer aux relations du travail et à la négociation collective.
Nous examinons d'abord l'aspect coût-bénéfice des changements technologiques. Nous concluons que la théorie économique de la firme nous porte à croire que, dans la majorité des cas, le côté patronal a tout le temps disponible de planifier en fonction des changements causant de sérieux déplacements. Il est à noter que les entreprises qui font des changements ne sont pas toujours celles qui ont les plus grandes marges de profit. Quand l'entrée dans le marché est facile et la concurrence étrangère sérieuse, la firme qui introduit d'importants changements fait face à de sérieux désavantages vis-à-vis ses concurrents.
Ensuite, vient une analyse de conventions collectives basée sur des inventaires des gouvernements fédéral et ontarien. Il s'agit de vérifier neuf hypothèses afin de voir, entre autres choses, l'influence des différents contextes sur le contenu de la négociation collective et la direction qu'elle prend. L'analyse de cas spécifiques met en évidence quelques-unes des raisons principales pour les faillites et les succès de la négociation collective face aux changements technologiques
La discussion continue par une analyse des principales solutions canadiennes au problème des déplacements de main-d'oeuvre et un résumé des principales conclusions :
a) l'évaluation du taux de changement technologique aux niveaux macro et micro est difficile ;
b) il est presque impossible de distinguer entre l'impact des changements technologiques sur l'emploi et les autres causes de déplacement de main-d'oeuvre ;
c) il y a une grande période d'attente entre l'innovation et l'implantation des nouvelles technologies ;
d) les changements technologiques n'impliquent pas nécessairement des déplacements de main-d'oeuvre ;
e) il y a plusieurs causes à ces déplacements autres que les changements technologiques ;
f) les entreprises qui introduisent les changements technologiques ne sont pas toujours celles qui ont les plus grandes marges de profit;
g) les plus anciennes firmes dans un marché subissent la double pression des innovations technologiques et de l'assistance aux déplacements de travailleurs ;
h) les travailleurs non-qualifiés sont les plus affectés par les changements d'emploi et plus résistants face aux déplacements géographiques ;
i) l'absence de cadre théorique pour étudier l'impact de la négociation collective sur les taux de déplacement empêche toute comparaison et l'intégration des différentes études. Cet article n'est qu'un premier pas dans ce sens. Il semble y avoir une corrélation positive entre certains genres de clauses dans les conventions collectives et certaines variables contextuelles ;
j ) les déplacements de main-d'oeuvre qui n'impliquent pas de mobilité géographique sont les plus faciles à solutionner par la négociation collective ;
k) les travailleurs ne se servent pas des primes à la mobilité. Ceci implique l'impuissance de la négociation collective lorsqu'il y a déplacement de main-d'oeuvre dans une région à basse opportunité d'emploi ;
l) les travailleurs vont accepter le recyclage seulement si un emploi leur est assuré ;
m) l'existence d'unités d'ancienneté limite les possibilités d'adaptation surtout dans les cas de pluralisme syndical ;
n) on devrait faire un plus grand usage des Centres de main-d'oeuvre et des contacts que les syndicats et la compagnie ont avec le marché du travail pour faciliter l'adaptation des travailleurs ;
o) les fonds de déplacement n'ont pas eu d'impact à date ;
p) l'usure de la main-d'oeuvre n'est pas un remède aux déplacements.
Le rapport Freedman et le Conseil économique du Canada ont également étudié ce problème. L'un contient, entre autres, quelques recommandations radicales, alors que le travail du second est très désappointant.