Abstracts
Abstract
The author stresses the importance of reexamining the structure of the American labor movement, which has to face changing economic and social conditions, and depicts the main difficulties which hinder changes in the actual system. His line of study bears specifically on the possibility of union mergers, which seems to be the most practical solution to the present structural inadequacies in unionism.
Résumé
L'évolution des conditions socio-économiques oblige depuis quelques années à remettre en question la structure des syndicats américains. La fusion de la F.A.T. et du C.O.I. devait encourager le mouvement de fusion chez les syndicats dont les juridictions se recoupent. Peu de fusions en ont résulté cependant ; celles qui ont eu lieu se produisent le plus souvent entre des petits syndicats dans un secteur de métier ou d'industrie en déclin et des syndicats plus grands capables de se maintenir.
Le développement des conglomérés industriels et la technologie croissante pourrait encourager les fusions. Les permanents syndicaux commencent à se rendre compte des avantages des fusions.
Tandis que la fusion de certains syndicats demeure désirable, il reste qu'une telle action demeure très difficile à mener à bonne fin. La conciliation des différentes structures internes, des idéologies et des rivalités politiques rend les pourparlers difficiles. Un exemple de ces difficultés est bien présenté dans les discussions qui visent l'union de la Fraternité internationale des travailleurs de l'industrie des pâtes et papiers (FAT-COI-CTC) et celui des Ouvriers-papetiers et travailleur® unis du papier (FAT-COI-CTC) depuis 1935.
Un des facteurs qui ralentit l'effort de fusion de ces deux syndicats est le fait que ni l'un ni l'autre n'est menacé de disparition. L'un et l'autre connaissent une situation financière solide ; le nombre de leurs membres demeure stable et les emplois dans leur secteur d'activité accusent une hausse graduelle.
D'autre part, le gouvernement interne des deux syndicats diffère d'une façon appréciable : ils ont des formes d'élection différentes ; les propositions d'amendements à leurs constitutions sont réservées à la majorité des délégués chez les ouvriers-papetiers, tandis que la Fraternité des travailleurs permet aux syndicats locaux de faire de telles propositions. Le pouvoir d'adoption de ces amendements constitutionnels va aux délégués à la convention ou, par un vote de référendum, à la majorité des membres chez la Fraternité des travailleurs; seuls les délégués à la convention peuvent adopter ces amendements chez les ouvriers-papetiers.
Ainsi, le problème le plus difficile à surmonter sera celui de vaincre les différences dans les traditions et les attitudes face au gouvernement syndical. Si une preuve objective, telle qu'un déclin dans le nombre des membres ou un déficit au niveau des opérations, ne vient pas démontrer clairement la nécessité d'une fusion, il sera peut-être impossible de rendre les syndicats conscients des avantages d'une telle fusion. Avant d'en arriver à la popularité de fusion, il sera peut être nécessaire de traverser d'abord un premier stage de développement dans cette direction. Ce stage pourrait être la coordination des négociations. Des négociations coordonnées semblent être l'étape qui doit logiquement suivre celle qui a amené les structures actuelles. Cette étape ne se rend pas au coeur des problèmes actuels et les efforts de coordination peuvent s'avérer inefficaces. Il faudrait procéder à la création de syndicats du type des conglomérés industriels. Un premier pas vers ce type de syndicat pourrait être la fusion des organisations dont les juridictions se recoupent ou accusent une forte similitude. Il appert donc que des changements structurels s'avèrent nécessaires pour faire face aux problèmes actuels, mais de toute évidence, les syndicats ne désirent pas affronter ces problèmes d'une façon réaliste. S'ils maintiennent cette attitude, il est possible que les syndicats assistent à une baisse de leur pouvoir et de leur influence.