Abstracts
Résumé
Les impératifs écologiques ont joué un rôle de plus en plus important dans la production de l’art contemporain. Mais, si l’on fait souvent remonter l’« éco-art » au mouvement du land art des années 1960, de nombreux artistes contemporains se sont tournés vers les traditions paysagères du dix-huitième et du dix-neuvième siècle qui représentent pour eux une source d’inspiration esthétique et de réflexion éthique. Cet article se penche sur le renouveau de l’esthétique du sublime dans l’oeuvre de deux artistes canadiens contemporains, le photographe Edward Burtynsky et le sculpteur et auteur d’installations Jérôme Fortin. Ils utilisent des médias différents, mais leurs oeuvres se correspondent à double titre. D’abord, leurs pratiques se fondent sur l’usage de résidus industriels, en particulier le métal et le plastique. Ensuite, tous deux esthétisent le déchet en le présentant dans le vocabulaire visuel du paysage sublime. Leurs paysages sublimes élaborés à partir de déchets industriels soulèvent des enjeux cruciaux à propos de la relation entre l’humain et la terre. Loin de vouloir insuffler carrément un renouveau historique du sublime, ces artistes interrogent la structure de l’expérience du sublime avec l’idée de dévoiler ses implications écologiques. Cet article entend démontrer à quel point, dans l’oeuvre de Burtynsky et Fortin, le paysage sublime se fonde sur un effaçage de la terre dans lequel la présence naturelle est évacuée des paramètres de la représentation. De sorte que l’ampleur, la quantité et le caractère menaçant des déchets humains en viennent à remplacer la nature comme mécanisme de l’expérience du sublime.
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