Abstracts
Résumé
Depuis la Révolution tranquille, une kyrielle d’artistes se sont engagés dans la vie politique du Québec. Pourtant, nous ne disposons guère de données empiriques sur la participation politique de l’ensemble de la colonie artistique. Une vaste enquête postale a donc été menée auprès d’un échantillon probabiliste de 470 artistes québécois francophones appartenant aux principales disciplines de création et d’interprétation. Les résultats confirment la politisation exceptionnelle des artistes par rapport au reste de la population québécoise. Les créateurs tentent plus souvent de convaincre leur entourage de voter comme eux et ils contribuent plus souvent à la caisse d’un parti politique ; ils sont plus nombreux à assister à une assemblée politique ou à occuper une fonction partisane. De plus, les données révèlent un niveau élevé de mobilisation pour la souveraineté. Cette forme particulière de participation politique n’est pas stimulée par le statut social ni par l’influence des gouvernements ou des pairs. L’anticipation de gains personnels et le ressentiment ethnique sont des facteurs tout aussi négligeables. En fait, le zèle des artistes s’explique par les attentes économiques, linguistiques et culturelles suscitées par le projet de souveraineté.
Abstract
Scores of well-known artists have been publicly active in Quebec politics since the Quiet Revolution. However, there is surprisingly little empirical data on the political participation of the artistic community as a whole. An extensive survey questionnaire was mailed to a random sample of 470 Francophone artists in Quebec from every major creative and interpretive discipline. The survey’s results confirm an exceptional level of politicization : artists in Quebec attempt to influence their friends’ voting habits, they contribute more often to political parties than the rest of the population, and they are more likely to attend a rally or to do work for a political party. The data reveal a high degree of nationalist mobilization, regardless of social status, and notwithstanding government or peer pressure, the promise of personal gain, and ethnic resentment. In reality, the political zeal of artists is best explained by the perceived economic, linguistic, and cultural advantages of sovereignty.