Mot des rédacteurs invitésEntre traditions et changements : l’économie sociale en Europe depuis le début de la crise économique de 2008Word from the Guest EditorsBetween Tradition and Change: Tracing the Social Economy in Europe Since the Beginning of the 2008 Economic CrisisPalabras de los redactores invitadosEntre tradiciones y cambios: la economía social en Europa desde el inicio de la crisis económica de 2008[Record]

  • Didier Chabanet,
  • Simon Bichon,
  • Anastasia Sartorius-Khalapsina,
  • Wilson Ng and
  • Damien Richard

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  • Didier Chabanet
    IDRAC Business School, Laboratoire Triangle de l’ENS Lyon, Sciences Po CEVIPOF, France

  • Simon Bichon
    ESSCA School of management, France

  • Anastasia Sartorius-Khalapsina
    IDRAC Business School, France

  • Wilson Ng
    Regent’s University London, Royaume-Uni

  • Damien Richard
    INSEEC Business School, France

Ce dossier thématique de Management international vise à mieux comprendre le rôle que joue aujourd’hui l’économie sociale dans les pays de l’Union européenne (UE) et notamment à saisir la nature et l’ampleur des transformations que le secteur a connues depuis le début de la crise de 2008. Depuis cette date, les États-membres comme les instances européennes ont cherché à développer « l’économie sociale » — d’autres formulations plus adaptées aux différents pays concernés sont possibles — en considérant qu’elle était un moyen de créer ou de sauvegarder des emplois, en particulier pour des populations vulnérables. Dotée d’une histoire plus ou moins longue et riche selon les contextes nationaux, l’économie sociale ne saurait pourtant être réduite à ce seul objectif, puisqu’elle a aussi vocation à contribuer à un développement économique soutenable, à lutter contre les discriminations, à favoriser l’insertion des personnes handicapées et à intervenir dans des secteurs d’activité aussi différents que la culture, l’éducation, ou encore la santé. Dans leur article introductif, Didier Chabanet, Simon Bichon, Anastasia Sartorius-Khalapsina, Wilson Ng et Damien Richard cherchent à dresser le bilan des transformations que l’économie sociale a connu tant au niveau national qu’à l’échelle de l’UE. Ils mettent ainsi en exergue les différences de traditions et de conceptions très fortes d’un pays à un autre. En même temps, la prédominance du néo-libéralisme constitue la trame commune à partir de laquelle l’économie sociale se développe, ce qui se traduit par une mise en concurrence accrue du secteur, dont les effets sont discutés par les auteurs. Parallèlement, l’émergence progressive d’initiatives et de politiques publiques mises en oeuvre par l’UE promeut une conception entrepreneuriale de l’économie sociale. La reconnaissance de cette dernière un peu partout en Europe est donc aussi la manifestation de sa transformation et d’un rapprochement sans doute jamais atteint avec le marché. Simone Baglioni et Micaela Mazzei reviennent sur le développement des entreprises sociales en Écosse depuis l’arrivée au pouvoir du Parti national écossais en 2007. Ils soulignent que le nombre de personnes en situation de précarité sociale sollicitant les organisations du secteur a augmenté sensiblement tandis que les moyens mis à disposition par la puissance publique avaient plutôt tendance à diminuer, comme à Glasgow. Pour financer leurs activités, beaucoup d’entreprises sociales ont alors eu tendance à commercialiser leurs services, au risque parfois d’être moins regardantes sur leur qualité. À terme, les auteurs identifient deux principaux scénarios. D’une part, la constitution d’un nombre limité de méga-organisations hautement professionnalisées se battant pour capter des ressources rares. D’autre part, la prolifération au sein d’un tissu organisationnel fragmenté d’expérimentations innovantes au niveau local ou même de nouvelles combinaisons de partenariats privé / public dans des domaines de politiques publiques inexplorés. Chloé Guillot-Soulez, Sylvie Saint-Onge, Sébastien Soulez et Wassila Merkouche se demandent comment les coopératives financières en France et au Québec peuvent faire de leur statut un atout distinctif leur permettant d’attirer et de fidéliser les talents, alors même que la crise économique de 2008 a grandement détérioré l’image du secteur financier. En interrogeant des responsables RH de deux grandes organisations — le Crédit Agricole et Desjardins — ils montrent que dans les deux cas les bénéfices liés au statut sont nombreux : culture humaniste, climat de coopération, souci du bien-être et de la responsabilité sociale, possibilités d’évolution de carrière et de mobilité au niveau régional, systèmes collectifs de rétribution économique, ou encore forte sécurisation de l’emploi en raison de la recherche d’un niveau de performance stable et de l’attachement à des valeurs de solidarité. Au vu de ces éléments, la capacité à communiquer sur les avantages des coopératives semble pour elles être un moyen efficace de …

Appendices

Appendices

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