Abstracts
Résumé
Les instruments mobilisés par les politiques d’intégration socio-urbaine américaines et françaises sont révélateurs du contraste entre les philosophies qui sous-tendent la fonction du territoire dans les deux régimes d’État providence. Derrière une instrumentation a priori semblable, soit un projet et une instance de pilotage locaux, la fonction de l’État central, la dynamique du système d’acteurs local et la relation aux bénéficiaires obéissent à deux logiques très différentes : celle de l’intérêt commun aux USA, où il s’agit de refonder la communauté par la mobilisation de forces plurielles, chacune porteuse d’un intérêt légitime; celle de l’intérêt public en France, où l’enjeu est de produire un intérêt général local par la mobilisation des seuls acteurs de la sphère publique. Pour illustrer ce contraste, deux politiques sont examinées : celle des Empowerment Zones et celle des Grands Projets de ville.
Abstract
The programmes deployed within policies intended to promote social integration in urban areas reveal the differences in philosophy that underlie the approach to place in the welfare regimes of the United States and France. Hidden behind what appear to be similar instruments of locally controlled projects, are two very different logics. They vary in terms of the role of the central state, the dynamic system of local actors, and the relationship to beneficiaries. In the United States the basic notion is that of a common interest, and the goal is to revitalize the community by relying on a plurality of actors, each of whom has a legitimate interest in a stronger community. In France, in contrast, the principle is that of the public interest, and the task is to generate a general interest by mobilizing only local public sector actors. This difference is illustrated by contrasting two policies: Empowerment Zones in the USA and France’s Major Projects for Cities.