FR:
Au croisement du mouvement « Droit et littérature » et de l’écopoétique, cet article explore les liens entre trois récits d’André Dhôtel, publiés entre 1938 et 1949, et plusieurs notions d’importance du droit de l’environnement apparues à partir des années 1970. Par sa « rhétorique fabuleuse », Dhôtel développe une éthique du vivant ordinaire faisant écho aux concepts de « biodiversité », de « valeur intrinsèque du vivant » et de « corridor écologique ». Son imaginaire, proche des préoccupations écologiques modernes, semble ainsi anticiper les cadres juridiques destinés à protéger les êtres vivants autres qu’humains en France. À l’inverse, sa narration, où le langage, la société et le droit apparaissent comme autant de formes du vivant, contribue à nourrir la réflexion juridique et écologique contemporaine.
EN:
At the intersection of the “Law and Literature” movement and ecopoetics, this article explores the connections between three works of narrative fiction by André Dhôtel, published between 1938 and 1949, and several concepts central to environmental law that emerged from the 1970s onward. Through his “fabulous rhetoric,” Dhôtel develops an ethics of ordinary life that resonates with the concepts of biodiversity, the intrinsic value of life, and ecological corridors. His imaginative universe, closely aligned with modern ecological concerns, thus appears to anticipate the legal frameworks developed in France to protect nonhuman living beings. Conversely, his narrative practice, in which language, society, and law appear as forms of life, helps to enrich contemporary legal and ecological thought.