Abstracts
Résumé
L’article analyse l’articulation du fantasmatique et de l’autobiographique, c’est-à-dire du rêve et du vécu dans Le baobab fou. Les oppositions stratégiques fonctionnent pour faire des différences le principe d’une unification plus solide par les diverses facettes du même, le rêvé et le vécu ne reflétant plus qu’une même signifiance de l’unité en l’homme d’un espace de vie imaginaire et d’un terrain de frottement à la réalité matérielle. C’est pourquoi, même transcendantal, l’élan dans le rêve se solde par l’échec. Le baobab fou fait voir le voyage dans la géographie d’une vie. Le pari est d’offrir une fresque sans tomber dans le narratif événementiel que le texte joue par associations des semblables à travers le cheminement thématique. La dérive n’est pas progressive, mais scrutation des instants de vie. L’émerveillement du décor encadrant un événement vécu se conjugue à ce qui défile dans l’imagination de celle qui écrit le récit onirique, fantasmatique, révélant d’un coup de verbe un univers, et produisant ainsi le merveilleux par lequel échapper au monde réel et combler ses frustrations, nous rappelant que l’envol réel est hors de ce monde.
Abstract
This article analyses the articulation of those fantasies and autobiographical elements – i.e. dreams and facts – present in Le baobab fou (“The mad baobab”). Strategic oppositions help make differences the thrust behind a stronger unification of the various constituents of a given element. Fantasies and real life thus both express the same significance of man’s fusion of his imaginary life and his forays into the material world. Thus, in spite of its transcendental nature, exploring a fantasy can only fail. As it follows the traveller throughout the geography of his life, Le baobab fou seeks to paint a story without becoming the chronological narrative the associated similarities raised through its thematic evolution could lead it to be. Far from being constant, the drift focuses on moments in life. The wondrous staging of a real-life event is intertwined with fantasies going through the mind behind the oneiric dream, word-painting an entire new world and thus creating the supernatural that is our escape from the real world and the answer to our frustrations, while reminding us that we cannot flee for good.
Appendices
Références
- Bisanswa, Justin, « L’histoire et le roman par surprise dans Mes hommes à moi de Ken Bugul », Oeuvres & critiques, vol. XXXVI, no 2 (2011), p. 21-44.
- Bugul, Ken, Le baobab fou, Dakar, NEA, 1983.
- Courtès, J., Introduction à la sémantique narrative et discursive, Paris, Hachette, 1976.
- Gehrmann, Susanne, « Désir de/du Blanc et écriture », dans Susanne Gehrmann et Janos Riesz (dir.), Le Blanc : représentations de l’Europe et des Européens dans les littératures africaines, Münster, Lit Verglag (Bd. 2), 2004, p. 181-194.
- Gehrmann, Susanne, « La traversée du Moi dans l’écriture autobiographique francophone », Revue de l’Université de Moncton, vol. 37, no 1 (2006), p. 67-92.
- Genette, Gérard, Figures III, Paris, Seuil, 1972.
- Huannou, Adrien, « “Se tuer pour renaître” : la question identitaire dans les romans de Ken Bugul », dans Claude Filteau et Michel Beniamino (dir.), Mémoires et culture, Limoges, Presses universitaires de Limoges, 2006, p. 213-223.
- Jenny, Laurent, « La stratégie de la forme », Poétique, vol. 27 (1976), p. 257-281.
- Lejeune, Philippe, Lire Leiris. Autobiographie et langage, Paris, Seuil, 1975.
- Lejeune, Philippe, Lire Leiris, Le pacte autobiographique, Paris, Seuil, 1975.
- Malonga, Alpha-Noël, « Migritude, amour et identité : l’exemple de Calixthe Beyala et Ken Bugul », Cahier d’études africaines, vol. 46, no 1 (2006), p. 168-178.
- Mauzaric, Catherine, « Fictions de soi dans la maison de l’autre (Aminata Sow Fall, Ken Bugul, Fatou Diome) », Dalhousie French Studies, vol. 74-75 (2006), p. 237-252.
- Midiohouan, Guy Ossito, « Ken Bugul : de l’autobiographie à la satire socio-politique », Notre Librairie, vol. 146 (2001), p. 26-28.
- Bugul, Ken, Cendres et braises, Paris, l’Harmattan, 1994.
- Bugul, Ken, Riwan ou le chemin de sable, Paris, Présence africaine, 1999.
- Bugul, Ken, La folie et la mort, Paris, Présence africaine, 2000.
- Bugul, Ken, Rue Félix-Faure, Paris, Hoëlbecke, 2005.
- Bugul, Ken, Mes hommes à moi, Paris, Présence africaine, 2008.
- Bachelard, Gaston, La poétique de la rêverie, Paris, Presses universitaires de France, 1971.
- Bakhtine, Mikhaïl, Esthétique et théorie du roman, traduit du russe par Daria Olivier, Paris, Gallimard, 1978.
- Barthes, Roland, « Introduction à l’analyse structurale des récits », dans L’analyse structurale du récit. Recherches sémiologiques, Paris, Seuil (Communications, no 8), 1966, p. 1-27.
- Barthes, Roland, Roland Barthes, Paris, Éditions du Seuil, 1975.
- Beaujour, Michel, « Autobiographie et autoportrait », Poétique, vol. 32 (1977), p. 442-458.
- Bisanswa, Justin, « Esthétique de la ville dans Rue Félix-Faure de Ken Bugul », dans Isidore Ndaywel et Elisabeth Mudimbe-Boyi (dir.), Images, mémoires et savoirs. Une histoire en partage avec Bogumil Koss Jewsiewicki, Paris, Karthala, 2009, p. 73-90.
- Dallenbach, Lucien, Le récit spéculaire. Essai sur la mise en abyme, Paris, Seuil, 1977.
- Dembowski, Peter, « Intertextualité et critique des textes », Littérature, vol. 41 (1981), p. 17-29.
- Narbonna, Immaculada Diaz, « Une lecture à rebrousse-temps de l’oeuvre de Ken Bugul : critique féministe, critique africaniste », Études françaises, vol. 37, no 2 (2001), p. 115-131.