Abstracts
Résumé
L’augmentation du nombre de travailleurs étrangers temporaires (TÉT) constitue une tendance marquante des migrations contemporaines. Dans nombre de travaux, les problématiques linguistiques reviennent en filigrane en ceci qu'elles affectent l’expérience migratoire des TÉT. Pourtant, leur situation sociolinguistique n'a pas été étudiée en tant qu’objet. À partir d'un questionnaire et d'entrevues de groupe auprès de 24 TÉT dans une ferme québécoise, cette recherche a pour objectif de mieux comprendre la situation sociolinguistique des TÉT lors de leur séjour au Québec. Les participants rapportent un niveau linguistique limité en espagnol écrit, en anglais et en français. Ils ont peu d’occasions de parler une autre langue que l’espagnol dans leur quotidien. Cette situation s’explique en partie par le rôle ambigu joué par la société hôte. Les participants vivent une situation sociolinguistique caractérisée par des barrières communicationnelles, situation qui hypothèque largement leurs possibilités d'appropriation linguistique du français. Pour finir, quelques résultats esquissent des pistes d'intervention didactique qui permettraient aux TÉT d’avoir accès des cours de français adaptés à leurs besoins sociolinguistiques.
Mots-clés :
- Travailleurs étrangers temporaires,
- migration,
- sociolinguistique,
- didactique,
- appropriation linguistique
Abstract
An influx of temporary migrant workers represents a growing trend in the contemporary migration landscape. While many studies note that temporary migrant workers are facing linguistic challenges that are impacting their migration experience, few investigations have examined their sociolinguistic reality. This research aims to better understand the sociolinguistic experience of temporary migrant workers working on a farm in Québec. Twenty-four temporary migrant workers completed a questionnaire and participated in focus groups designed to probe their sociolinguistic experiences. The results demonstrate that while the participants’ proficiency in written Spanish, English, and French is limited, the host society affords them few opportunities to communicate in any language other than Spanish. Overall, the participants are facing sociolinguistic barriers that prevent them from acquiring French. Implications for designing French language courses to address migrant workers’ sociolinguistic needs are discussed.
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