Abstracts
Résumé
Les compagnies françaises d’assurance automobile peuvent appliquer une surprime aux jeunes conducteurs (conducteurs ayant moins de trois ans de permis) durant les deux premières années. Faut-il sanctionner les jeunes conducteurs par un niveau de cotisation initial plus élevé que pour les conducteurs expérimentés ? Si on regarde les statistiques de la sinistralité des jeunes conducteurs dans le portefeuille d’une assurance, la réponse est évidemment oui, dans la mesure où on effectue une mutualisation entre des risques homogènes. Une autre démarche est envisagée dans cette présentation. On suppose que l’assureur décide de ne pas imposer de surprimes pour les jeunes conducteurs, en accompagnant cette décision d’une campagne d’information sécuritaire auprès de ces jeunes assurés. Du côté des jeunes, on peut penser qu’une telle démarche basée sur la confiance et la responsabilisation peut avoir des effets positifs sur la sinistralité à travers cette stratégie « gagnant-gagnant ». Et du côté de l’assureur, il s’agit de jouer la carte de la fidélisation de sa clientèle ou de ses sociétaires. En effet, les assurés sont assez fidèles à leur premier assureur dans la mesure où ils ne rencontrent pas de difficultés particulières avec celui-ci. On examine les enjeux financiers pour l’assureur dans ces deux stratégies : surprimes ou fidélisation. On observe que plus la surprime appliquée aux jeunes conducteurs est élevée, plus les départs sont difficiles à supporter par l’assureur qui ne l’appliquerait pas et plus le retour à l’équilibre est éloigné. La situation semble viable pour l’assureur dès que le taux d’entrée de jeunes s’accroît de 50 % et que le taux de départ sur ces entrants ne dépasse pas 50 %.
Mots-clés :
- Assurance automobile,
- sinistralité,
- surprimes
Abstract
The French automobile insurance companies can charge an extra premium for the young drivers (less than three years of driving license) during the first two years. Our paper deals with the opportunity of this higher premium. If we analyse the risk in an insurance portfolio, this subprime is necessary to make a mutualization between homogeneous risks. As for the young drivers, we can think that such an initiative based on the trust and the empowerment may positively explain the accident variable through this “win-win” strategy. And as for the insurer, it relies on the development of customer loyalty or its member’s loyalty. Indeed, insurants are rather faithful to their first insurer as far as they do not meet particular difficulties. We estimate the financial stakes for the insurer within these two strategies: with or without extra premiums. There is evidence that the higher is the extra premium charged to young drivers, the more difficult it is for the insurer to bear departures and the further is the return in balance. The situation seems viable for the insurer as soon as the number of young people entries exceeds 50% and as soon as the number of departures among these entrants is below 50%.
Keywords:
- Automobile insurance,
- accident,
- young drivers and premium